Santé sexuelle au féminin

1. Le premier rapport est-il forcément douloureux ? Va-t-il y avoir un saignement ?

La crainte de la douleur est largement partagée par la plupart des filles jeunes qui anticipent « le premier rapport ». Il est important d'affirmer que le premier rapport n'est pas obligatoirement douloureux. De nombreuses femmes, lorsqu'elles en parlent a posteriori, disent qu'elles n’ont rien ressenti, qu'elles n'ont eu aucune douleur. Ce sont en général des femmes assez libres, qui ont appris à se connaître et qui, notamment, avaient expérimenté la pose de tampons vaginaux. Les tampons peuvent avoir progressivement élargi l'ouverture de l'hymen et permis une première pénétration sans difficulté ni saignement.
Hormis l’effraction violente par un partenaire maladroit, la douleur du premier rapport est paradoxalement liée à l’anticipation de la pénétration et l’impossibilité de « lâcher prise » qui tend les muscles, parfois même contracte involontairement les muscles du périnée et le vagin (vaginisme) pour empêcher totalement la pénétration.
Le premier rapport, si c'est possible, doit être mutuellement consenti, se faire dans la tranquillité et la confiance. Dans ces conditions, la tranquillité et la confiance accompagneront par la suite l'ensemble de la vie sexuelle.

2. Puis-je être enceinte dès le premier rapport ? Contracter une infection sexuellement transmise (IST) ?

Oui, tout rapport est susceptible d’être à l’origine d’une grossesse ou d’une IST, même le premier, et même chez de très jeunes femmes ! Nous en avons pour preuve les nombreuses IVG réalisées tous les ans en France dans ce cas. Aucun mécanisme physiologique n’existe pour éviter cela. A la puberté, il est certes fréquent que les premiers cycles soient anovulatoires, mais ce n’est pas une règle, et il n’existe pas d’immunité particulière de la filière génitale lors du premier rapport ! Il est donc utile d’anticiper les conseils de prévention, même s’il existe souvent des freins maternels : « elle n’est pas prête pour ça, elle n’a pas l’âge ! »

3. Quelle est la contraception idéale lors du premier rapport ?

Dans l’absolu, à la fois pilule et préservatifs… En dehors des contre-indications, rares chez les très jeunes femmes, les estroprogestatifs sont volontiers la première contraception « idéale », avec ses bénéfices annexes sur les saignements, les douleurs, l’acné… à condition que l’observance soit bonne ! De ce point de vue, les téléphones portables que possèdent presque toutes les adolescentes, avec leur système d’alarme, ont beaucoup amélioré les choses. Il n’est pas logique de stigmatiser aujourd’hui ces jeunes femmes, qui prennent souvent bien mieux leur pilule que ne le faisait leur mère ! Mais le bon usage de cette contraception ne va pas de soi, et il est toujours important de répéter inlassablement qu’elle n’est vraiment très efficace qu’en cas d’observance parfaite, et la nature des précautions à prendre en cas de problème, oubli en particulier.
Mais la pilule ne protège pas des IST, et associer les préservatifs avec un partenaire dont le passé, quoi qu’on imagine, est inconnu, est une mesure de précaution indispensable.Avec la libération sexuelle et une prise de conscience plus grande de la dimension érotique de la sexualité, beaucoup de couples aujourd'hui désirent n'avoir aucun « obstacle » à la pulsion sexuelle qui les unit et le sang menstruel n'en est plus un, moyennant quelques précautions. Cela nécessite que la partenaire se nettoie la région génitale avant la pénétration et que chacun le fasse aussi après le rapport. Mais il faut surtout que cette pratique des rapports pendant les règles ne gêne aucun des deux partenaires. En amour, il ne doit y avoir aucune contrainte ni obligation.

4. La première fois, y a-t-il des précautions particulières à prendre ?

En dehors de la contraception et de la protection vis à vis des IST vues par ailleurs, le premier conseil à donner est de commencer la sexualité lorsque l’on en a l’envie et que l’on se sent prêt pour le faire, de le faire pour soi et non pas pour satisfaire le désir non partagé d’un partenaire, ou pour faire « comme les autres ».  Les répercussions négatives, parfois à très long terme, d’une sexualité initiée sous la contrainte ou sans anticipation psychologique positive alimentent de manière non négligeable les consultations de sexologie.
Par ailleurs, il est utile d’insister sur le fait que la sexualité n’est pas une fonction physiologique qui va de soi, qu’un temps d’apprentissage est indispensable, qu’il n’y a jamais d’obligation de résultat immédiat, que plusieurs essais seront peut être nécessaires pour que les rapports commencent à être gratifiants, que les choses ne se passeront pas comme on l’a vu sur le film pornographique, source quasi exclusive de « l’éducation sexuelle »  aujourd’hui, et que la sexualité tire beaucoup de bénéfices à rester une communication et un échange entre 2 êtres désirants, par la parole, les gestes, les organes des sens, le corps et le sexe.De la même manière, il n’y a pas de risque pour la fertilité. Beaucoup de femmes attendent avant tout d’être rassurées à propos de ces questions.  
Serviettes ou tampons ? Tous les procédés (et toutes les marques) ont leurs avantages et leurs inconvénients, leurs fans et leurs détractrices ! Le meilleur conseil à prodiguer à la patiente est de se faire une opinion personnelle, de faire des essais et de recourir à ce qui est le plus confortable pour elle…