QUESTIONS RÉPONSES
Santé sexuelle au féminin

1. Comment puis-je garder une sexualité épanouie alors que je commence ma ménopause ?

La ménopause est l'interruption naturelle des cycles menstruels, elle signe la fin de la fécondité féminine. Elle survient autour de 50 ans. Dans la plupart des cultures, le mot « ménopause » signifie « fin de la vie féminine » avec parfois accès à des prérogatives masculines, pour bien signifier que la vie de femme est alors terminée. Terrible perspective reposant sur des idées fausses relatives à une époque – pas si lointaine en France –  où la sexualité était strictement liée à la fécondité et où une femme ménopausée n'avait évidemment plus de sexualité. Aujourd'hui, grâce à une très large diffusion d’informations sur la sexualité, les femmes savent que la ménopause n'est en rien un arrêt de la sexualité. Bien au contraire, elle peut être une période plus épanouie encore, de par la disparition des règles qui pouvait gêner certaines femmes. Cette sexualité épanouie sera fonction de plusieurs facteurs: une relation de confiance et de parole avec un partenaire attentionné; le maintien d’une activité sexuelle régulière; le développement d'une sensualité relationnelle et de comportements nouveaux pouvant, au fil des ans, s'adapter aux modifications du corps et des comportements des deux partenaires.

2. Depuis quelques mois, je me sens totalement sèche…

L’atrophie vulvo-vaginale et la difficulté à obtenir une lubrification satisfaisante font partie de symptômes les plus fréquents à la ménopause. On parle volontiers désormais du SGUM (Syndrome Génito-Urinaire de la Ménopause): ensemble des symptômes vulvaires, vaginaux (brûlures, prurit, inconfort, sécheresse, dyspareunie) et urinaires (nycturie, dysurie, pollakiurie, impériosité, infections...) en rapport avec l’hypoestrogénie de la ménopause. Selon les études les plus récentes, ce syndrome touche 45 à 65% des femmes. Il est plus important si les rapports sont rares ou inexistants. Ce syndrome va entraîner une disparition de la spontanéité des rapports, une diminution de leur fréquence, de la capacité d’intimité et génère des conséquences très négatives sur l’image du corps et l’estime de soi.Il s’agit encore aujourd’hui de troubles peu souvent évoqués par les patientes qui les considèrent comme « normaux » et sans solution thérapeutique. Que le soignant prenne l’initiative d’aborder le sujet est donc fondamental, d’autant que des outils thérapeutiques efficaces existent. Le traitement hormonal de la ménopause (THM) est le meilleur outil préventif, mais lorsqu’il n’est pas prescrit, il est possible de recourir aux hydratants, généralement constitués d’eau et de substance hydrophiles, aux lubrifiants, efficaces à court terme, aux lactobacilles et probiotiques, mais surtout aux estrogènes locaux. Ces derniers sont disponibles sous différentes présentations, crème, ovules, gélules, capsules, canules, avec une grande efficacité, relançant la flore endogène, améliorant la trophicité de la muqueuse et la lubrification. Leur passage systémique est infime, ce qui entre en contradiction avec le maintien injustifié de leurs contre-indications. Ils doivent être commencés le plus tôt possible, et toujours poursuivis, l’observance à long terme constituant la principale contrainte.

3. Depuis que je suis ménopausée, je n’ai plus jamais envie, ce sont les hormones ?

A côté des difficultés vulvo-vaginales, les troubles du désir constituent l’autre symptôme sexologique fréquent à la ménopause. Le déficit en estrogènes joue aussi très probablement ici un rôle déterminant. Mais le désir féminin est conditionné par d’innombrables paramètres et pas simplement par un certain niveau hormonal. De manière schématique, à la ménopause, s’entremêlent volontiers des facteurs relatifs :

  • A la santé physique : conséquences de l’hypoestrogénie, pathologies volontiers révélées à cette période (troubles urinaires…), maladies chroniques…
  • Au vécu du corps et de la ménopause, dans une société où l’apparence physique (beauté, minceur) et la jeunesse sont les premiers critères rattachés à la séduction et au désir…
  • Au conjoint et au couple : le regard masculin parfois délétère, la disponibilité du partenaire, sa santé, son intérêt, ses difficultés propres, l’histoire du couple, sa communication…
  • A la famille, parents âgés et malades à gérer, enfants trop présents ou trop vite partis…
  • A  l’environnement professionnel, social, avec les tabous et les mythes qui entourent encore la sexualité de la personne qui vieillit.

Pour toutes ces raisons, la ménopause est souvent une crise, un moment de remise en question, qui ne peut être sans conséquence sur la sexualité.

4. Pourquoi prendre un traitement hormonal de la ménopause (THM) ? Quels en sont les bénéfices pour la sexualité ? Quels en sont les risques en général ?

Parce qu’il reste aujourd’hui le seul moyen de limiter les conséquences de la ménopause dans différents domaines, cardiovasculaire, osseux, cutané, gynécologique… et sexologique ! De nombreuses études ont clairement démontré son bénéfice sur les principaux symptômes sexologiques de la ménopause, les dyspareunies liées à l’atrophie vulvo-vaginale et, dans une moindre mesure toutefois, les troubles du désir.Ces bénéfices sont suffisamment importants pour que la dimension sexuelle de la ménopause constitue un des éléments clés à prendre en compte dans le calcul de la fameuse balance bénéfices/risques du THM. Ceci est d’autant plus important que des travaux ont largement confirmé le discours, parfois un peu gêné mais clair de nos patientes : la ménopause n’est plus le symbole, comme c’était souvent le cas pour les générations précédentes, de la mort annoncée de la sexualité !Les contre-indications au THM restent incontournables et doivent être respectées.Quant à ses prétendues innombrables conséquences délétères, maintes fois exposées à l’occasion d’une diabolisation injustifiée depuis une quinzaine d’années, la preuve a désormais été faite qu’elles n’existaient pas.

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