QUESTIONS RÉPONSES
Santé sexuelle au féminin

1. Depuis que je prends la pilule, je n’ai plus envie…

Avant toute chose, l’avènement de la contraception moderne dans la seconde moitié du XXème siècle, et en particulier la pilule, restera à jamais un élément fondamental qui a permis aux femmes de se libérer du poids que faisait peser sur leur sexualité le risque de grossesse, d’amener cette sexualité dans le registre du désir et du plaisir. La pilule aura ainsi aidé la femme à prendre une autre place dans la société, la famille et le couple. Aujourd’hui encore, la majorité des femmes améliorent le vécu de leurs relations intimes lorsque est instaurée une contraception efficace.Mais il est un fait que certaines patientes établissent un lien entre la prise de pilule et une altération de leur désir. Les études réalisées à ce jour n’ont pas permis d’identifier de mécanisme physiopathologique organique, notamment hormonal, pouvant expliquer ce phénomène. En revanche, le constat clinique plaide clairement en faveur de mécanismes psychologiques liés très souvent à la difficulté à résoudre l’ambivalence vis à vis du désir de grossesse, ou à gérer les idées reçues en matière de contraception, notamment les effets indésirables potentiels. Ces patientes doivent être prises en charge de manière spécifique, d’une part pour apprécier l’ensemble, souvent complexe, des dimensions qui conditionnent leur sexualité, d’autre part pour renégocier le « contrat contraceptif », et l’adapter au mieux à la réalité de leurs souhaits.

2. Mon mari se plaint de sentir les fils du stérilet…

Aujourd’hui, cette remarque est plus rarement entendue qu’elle ne l’était il y a 20 ou 30 ans. C’est probablement parce que, pendant longtemps, nous en déduisions que les fils étaient trop longs… C’est souvent tout le contraire, c’est quand ces fils ont été coupés juste au niveau de l’orifice externe du col qu’ils sont à l’origine des sensations masculines les plus désagréables ! Il est alors encore possible de les raccourcir, mais le retrait ultérieur du dispositif intra-utérin (DIU) demandera alors une petite manœuvre intra-cervicale voire intra-utérine, ou de le changer en laissant des fils plus longs. Quant aux rares cas où le partenaire se plaint de sentir le DIU alors que les fils ne sont même pas apparents à l’examen, ils laissent perplexes et obligent à s’interroger sur l’imaginaire masculin !

3. Si je fais une ligature des trompes, je ne risque rien du point de vue sexuel ?

Parce qu’il s’agit alors de passer du « ne pas vouloir » au  « ne plus pouvoir », du « toujours possible »  au  « désormais impossible », le risque d’impact négatif sur la sexualité est théoriquement logique. En pratique, les patientes décrivent plutôt une amélioration de la sexualité, liée à la disparition de la crainte de grossesse et la suppression des contraintes contraceptives. Mais la ligature peut aussi être délétère quand une perte de féminité est perçue parallèlement à la perte de la fonction de procréation, ou lorsqu’il existe des regrets de l’avoir fait réaliser, ce qui confirme qu’une telle décision ne peut être prise sans un temps de réflexion, comme l’impose du reste la loi.

4. Il est allergique aux préservatifs…

Il existe deux sens du mot « allergique » : au sens propre du terme, l'allergie est une réponse immunitaire, souvent inflammatoire, au contact d'une partie du corps avec un élément extérieur. On connaît des allergies du pénis au latex des préservatifs qui, la plupart du temps, se manifestent par une inflammation, des brûlures, des démangeaisons… et doivent entraîner l'abandon du préservatif incriminé. Il existe aujourd'hui des préservatifs sans latex, en polyuréthane, qui pourront alors être utilisés.Mais au sens figuré, l'allergie au préservatif est une attitude fréquente de beaucoup d'hommes qui disent vouloir ressentir le contact intime des muqueuses et « ne pas supporter » un obstacle entre eux et leur partenaire. Il ne devrait pas être nécessaire de rappeler que l'utilisation du préservatif est impérative avec tout partenaire nouveau, non connu, pour la prévention des IST. Il n'y a alors pas lieu de différer le port du préservatif. Il est par exemple conseillé à toute femme susceptible d’avoir un rapport sexuel avec un nouveau partenaire d'avoir à sa portée (sac à main) des préservatifs afin d'en proposer si besoin au partenaire. L'autre cas de figure concerne le préservatif dans le cadre du couple et de la contraception, et ne relève alors que de l'acceptation mutuelle des deux partenaires de s'en affranchir.

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