Vitamine D et IMC: quelle relation chez la jeune femme ?

Vitamine D et IMC: quelle relation chez la jeune femme ?
Certains travaux ont suggéré un lien entre le déficit en vitamine D et l’obésité. C'est l'objectif d'une étude réalisée auprès de 143 jeunes femmes avec 62,2 % des participantes considérées comme ayant un poids normal et 37,8 % comme "obèses"...

De nombreux travaux ont été consacrés récemment aux liens entre la vitamine D et divers domaines de la santé. En plus de son impact sur le métabolisme osseux, le déficit en vitamine D augmenterait le risque de nombreuses pathologies chroniques. L’exposition au soleil, la consommation adéquate de vitamine D et l’activité physique sont des mesures efficaces pour prévenir un déficit, mais il s’avère qu’un faible niveau d’activité physique et une alimentation déséquilibrée constituent actuellement des risques fréquents de déficit. C’est le cas notamment chez les personnes âgées, les adolescents et les jeunes adultes. D’autre part, certaines études ont suggéré un lien entre le déficit en vitamine D et l’obésité.

Si de plusieurs publications ont été consacrées au déficit en vitamine D chez les personnes âgées, ce n’est pas le cas pour les plus jeunes, et notamment pour les jeunes femmes. Il a pourtant été démontré que la sécrétion d’œstrogènes, la grossesse et la lactation avaient un impact sur le taux de vitamine D. C’est ce qui fait tout l’intérêt d’une étude réalisée en Corée. Au total 143 participantes, âgées en moyenne de 21 ans, ont été enrôlées dans ce travail.

L’objectif était de rechercher les différences dans les taux de vitamine D, de densité minérale osseuse (DMO) et de profil nutritionnel de ces jeunes femmes, en fonction de leur indice de masse corporelle (IMC), et d’analyser d’éventuels facteurs en lien avec le déficit en vitamine D.

Dans cette cohorte, 62,2 % des participantes ont été considérées comme ayant un poids normal (IMC : 22,36 en moyenne) et 37,8 % comme "obèses" dans ce travail (IMC: 28,4 en moyenne). Les auteurs notent d’entrée que le T-score au niveau lombaire et la densité osseuse au niveau du triangle de ward (au niveau du col du fémur) sont significativement inférieurs dans le groupe des participantes obèses, en comparaison avec celles de poids normal (1,52 vs 1,88 et 0,83 g/cm2 vs 1,10 g/cm2). Si le taux de 25 OH vitamine D est en moyenne insuffisant dans les 2 groupes définis par l'IMC, le déficit est plus prononcé chez les personnes obèses (12,5 ng/ml vs 16,06 ng/ml).

Bien que l’activité physique soit faible dans les deux groupes, comme attendu, les scores sont significativement inférieurs dans le groupe des jeunes femmes obèses. En comparant les habitudes alimentaires, il apparaît que les seules différences retrouvées sont une consommation d’hydrates de carbone supérieure dans le groupe des personnes obèses, alors que celle de vitamine D y est inférieure.

Après ajustement pour différents facteurs de confusion, le pourcentage de masse grasse, le T-score au niveau lombaire et la consommation d’hydrates de carbone, sont des déterminants majeurs du taux sérique de vitamine D dans le groupe des participantes obèses.
Finalement, et sans trop de surprise, la prévention du déficit en vitamine D chez la femme jeune devrait être multiple, en favorisant le maintien d’un poids normal, un statut nutritionnel correct et la promotion d’une activité physique.


Dr Roseline Péluchon

Lim H-S. et coll. : Is There a Difference in Serum Vitamin D Levels and Bone Mineral Density According to Body Mass Index in Young Adult Women? J Bone Metab 2019;26:145-150

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