Une mortalité plus élevée chez les femmes après angioplastie coronaire

Une mortalité plus élevée chez les femmes après angioplastie coronaire

Lors de ces dernières années, la pratique répandue des interventions coronariennes percutanées (ICP) a transformé le traitement de la maladie coronaire. On ignore cependant actuellement si les patients de sexe féminin tirent autant bénéfice de ces interventions que les hommes. C’est la raison pour laquelle V. Kunadian et coll. ont tenté d’évaluer les différences qui pouvaient exister entre les deux sexes et de déterminer les facteurs prédictifs de la mortalité après angioplastie coronaire (à 30 jours et un an) chez des patients ayant un angor stable ou un syndrome coronaire aigu (infarctus du myocarde sans sus-décalage du segment ST/angor instable ou infarctus du myocarde avec sus décalage du segment ST). L’analyse a porté sur les données collectées prospectivement entre 2007 et 2011 dans deux registres, l’un britannique, issu de la British Cardiovascular Intervention Society (BCIS), l’autre suédois, the Swedish Coronary Angiography and Angioplasty Registry (SCAAR). Au total, il s’agissait de 458 261 patients ayant bénéficié d’une ICP (BCIS : n=368 492 [femmes : 25,9 %] ; SCAAR : n=89 769 [femmes : 27,2 %]).

A 30 jours et à 1 an

L’analyse de régression multiple a montré que, dans le registre BCIS, le genre féminin était un facteur prédictif indépendant de la mortalité à 30 jours (odds ratio [OR]=1,15 ; intervalle de confiance [IC] à 95 % [1,10 à 1,22] ; p<0,0001) et de la mortalité à un an chez (OR=1,08 ; IC95 %=1,04 à 1,12 ; p<0,0001), quelle que soit la situation clinique. Il en a été de même pour le registre SCAAR : le genre féminin s’est révélé être un facteur prédictif indépendant de la mortalité à 30 jours (OR=1,15 ; IC95 % [1,05 à 1,26] ; p=0,002) ainsi que de la mortalité à un an chez tous les patients (OR=1,09 ; IC95 % [1,03 à 1,17] ; p=0,006). Dans les données des deux registres, il n’a pas été mis en évidence d’interaction statistiquement  significative entre l’âge et le sexe quant au taux de mortalité totale à 30 jours (BCIS : p=0,59 ; SCAAR : p= 0,40) et à un an (BCIS : p=0,11 ; SCAAR : p=0,83). En conclusion, après une angioplastie réalisée dans le cadre d’une maladie coronaire, malgré les progrès de la thérapeutique, la mortalité totale des patientes continue d’être plus élevée que celle des hommes. Dans cette situation, l’âge de la patiente au moment de l’ICP est un critère fortement prédictif de la mortalité. Ces résultats incitent à poursuivre les travaux de recherche visant à proposer aux femmes les traitements de la maladie coronaire les plus appropriés. Dr Robert Haïat Kunadian V et coll. : Gender Differences in Outcomes and Predictors of All-Cause Mortality After Percutaneous Coronary Intervention (Data from United Kingdom and Sweden). Am J Cardiol 2017 ; 119 : 210-216.

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