Une dysthyroïdie est souvent associée au syndrome des ovaires polykystiques

Une dysthyroïdie est souvent associée au syndrome des ovaires polykystiques
Première pathologie endocrinienne chez les femmes en âge de procréer, le SOPK peut parfois entraîner une infertilité ou des troubles métaboliques tels que le diabète. Mais ses conséquences vont-elles plus loin ?

De précédents travaux ont attiré l’attention sur la fréquence de dysthyroïdies chez les patientes suivies pour un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Le dépistage de troubles thyroïdiens fait partie du bilan de l’infertilité, de troubles des règles ou en cas de suspicion de SOPK.
Une équipe danoise a examiné le risque de dysthyroïdie dans une cohorte de patientes atteintes de SOPK. Les auteurs ont recherché aussi un éventuel lien entre le taux de TSH au moment du diagnostic de SOPK et la survenue de troubles cardio-métaboliques. Une hypothyroïdie, même infraclinique, chez ces patientes est en effet associée à un profil lipidique perturbé et à un indice HOMA de résistance à l’insuline plus élevé. Près de 20 000 patientes ont été incluses, chacune comparée, selon l’âge, à 3 sujets témoins. Le suivi moyen a été de 11 ans.

Un risque multiplié par 3

Les résultats sont concluants puisque, pendant ce suivi, l’incidence d’une pathologie thyroïdienne (hypothyroïdie, goitre, thyrotoxicose, thyroïdite) était près de trois fois supérieure dans le groupe de patientes atteintes de SOPK. Une dysthyroïdie a été diagnostiquée chez 7 % des femmes ayant un SOPK versus 3 % dans le groupe contrôle. Des antécédents de prise de contraceptifs oraux et un nombre plus élevé de grossesses sont apparus être des éléments prédictifs de dysthyroïdie. Le risque de dysthyroïdie pendant la grossesse et le post-partum était, lui aussi, supérieur à celui du groupe témoin (OR=2,3 ; IC95% : 2,0 à 2,8), ainsi que celui de thyroïdite (OR=2,3 ; IC95% : 1,2 à 4,2).
Dans un sous-groupe de 133 patientes dont le taux de TSH était ≥2,5 mUI/l, il a été relevé un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à celui des femmes dont le taux de TSH, au moment du diagnostic, était <2,5 mUI/l (IMC médian : 29 versus 27 kg/m2). Le tour de taille, les taux de triglycérides et de testostérone étaient aussi supérieurs. En revanche, le taux de TSH au diagnostic ne semble pas constituer un facteur prédictif du développement à long terme d’un diabète de type 2, ni de pathologie cardio-vasculaire ou de dépression.

Dr Roseline Péluchon

Glintborg D. et coll. Increased risk of thyroid disease in Danish women with polycystic ovary syndrome. Endocr Connect·2019. Publication avancée en ligne le 1er septembre 2019.  doi: 10.1530/EC-19-0377.

Partager l'article :