Un plan ambitieux face à la violence contre les enfants

Un plan ambitieux face à la violence contre les enfants

Les actions du gouvernement concernant la lutte contre les violences faites aux femmes ont bénéficié d’une large exposition médiatique. Cependant, parallèlement, de manière plus discrète, d’autres engagements ont été pris contre les violences dont sont victimes les enfants. Dès son arrivée au gouvernement en janvier 2019, le député des Hauts-de-Seine Adrien Taquet, devenu secrétaire d’Etat à la protection de l’enfance, a pris acte du manque de visibilité de cet enjeu de société et de santé publique. « La protection de l’enfance est un angle mort de la République » avait-il ainsi déclaré.

Des actions convergentes et ciblées

En un an, il semble avoir démontrer sa volonté d’imposer ce sujet. Il a ainsi notamment lancé une vaste consultation nationale, dédiée aux 1 000 premiers jours de l’enfant, avec pour ambition de proposer des « parcours de parentalité » afin d’accompagner les familles au cours des premiers mois cruciaux avant et après la naissance. Adrien Taquet a également manifesté à plusieurs reprises son souhait de réformer en profondeur l’Aide sociale à l’enfance, d’en corriger les limites et les dysfonctionnements, si souvent dénoncés. Enfin, le 20 novembre, avec le soutien du Président de la République, il a dévoilé un plan pour renforcer la prévention, le repérage et la prise en charge des violences contre les enfants.

Une ampleur considérable

Bien qu’il s’agisse d’un phénomène régulièrement évoqué, l’ampleur des violences contre les enfants demeure encore souvent sous-estimée, y compris par certains professionnels, dont les médecins ou les infirmiers. Ainsi, les chiffres rappelés par le secrétaire d’Etat à la protection de l’enfance sont édifiants : un enfant est tué tous les cinq jours sous les coups de l’un de ses parents, un mineur subit une agression sexuelle toutes les trois minutes et jusqu’à 10 000 mineurs sont livrés à la prostitution.

Ouvrir les yeux

Le plan destiné à prévenir ces violences et à améliorer leur repérage et leur prise en charge répond à cinq orientations. Il s’agit d’abord « d’ouvrir les yeux » en renforçant la formation de l’ensemble des professionnels. Dans ce cadre, le gouvernement entend notamment investir plus largement le temps périscolaire, en s’appuyant sur des associations, pour sensibiliser à la question des violences sexuelles, accroitre d’une manière générale la prévention dans le cadre scolaire et enfin préparer les parents, afin de prévenir toute forme de violence, dès la grossesse.

Renforcer le rôle joué par les professionnels de santé

L’accent du gouvernement porte également sur le recueil des signalements, l’écoute. Les pouvoirs publics ont ainsi pour ambition de renforcer les moyens du 119, avec une augmentation de 20 % des écoutants et des partenariats notamment avec France Télévision. Accroître le rôle joué par les professionnels de santé, qui sont trop rarement à l’origine des signalements, est également une ambition du secrétariat d’Etat. Pour répondre à cet objectif, des équipes de référence en pédiatrie ainsi que des unités d’accueil devraient être constituées sur l’ensemble du territoire.

Eviter les contacts entre les mineurs et les personnes déjà condamnées

Le troisième axe du plan du gouvernement vise la protection. Il s’agit notamment de se doter d’outils efficaces pour éviter les contacts entre des sujets condamnés pour des actes pédocriminels et les enfants. Des mécanismes existent déjà mais ne sont pas toujours systématiquement mis en œuvre. Aussi, le ministère de la Justice doit-il diligenter un audit afin de « définir un plan d’actions pour garantir la consultation systématique du FIJAIS (fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes) concernant les personnes exerçant une activité en contact habituel avec les mineurs ». Le plan préconise par ailleurs que les personnes ayant été condamnées pour la détention d’images pédopornographiques soient également inscrites dans ce fichier. Le gouvernement doit en outre d’avantage s’investir dans la connaissance des nouveaux modes de prostitution et veut encadrer l’accès à la pornographie en promouvant l’activation par défaut d’un mode de contrôle parental dans les offres internet.

Aider les personnes attirées sexuellement par des enfants

L’amélioration de la prise en charge passe pour sa part par une meilleure connaissance des impacts psychologiques des différents traumatismes et par la mise en place de nouveaux centres dédiés. Enfin, l’une des originalités du plan est l’expérimentation d’un numéro dédié aux personnes qui se sentiraient attirées sexuellement par des enfants, afin d’essayer de prévenir des passages à l’acte, un dispositif existant en Allemagne et qui aurait fait la preuve d’une certaine efficacité.

Aurélie Haroche

Plan de lutte contre les violences faites aux enfants, https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/dossier_de_presse_-_plan_violences_faites_aux_enfants.pdf

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