Trois thérapies brèves étudiées dans la dépression après cancer du sein

Les patientes atteintes d’un cancer du sein ont un risque de dépression estimé, selon les études, entre 10 et 33 %. Les troubles dépressifs persistent plusieurs mois, voire plusieurs années après le diagnostic. Ces malades peuvent bénéficier de traitements médicamenteux ou de psychothérapie qui ont fait la preuve de leur efficacité dans la population générale. Peu de travaux ont toutefois été réalisés dans le but de comparer l’efficacité de différents types de psychothérapie spécifiquement chez les femmes atteintes de cancer du sein.
C’est ce qui fait tout l’intérêt d’un essai randomisé contrôlé, mené aux Etats-Unis. L’objectif était de comparer l’efficacité de trois types de psychothérapies brèves sur l’amélioration des symptômes dépressifs ainsi que sur le fonctionnement psychosocial et sur la douleur.
Au total, 134 patientes ont accepté de participer à cette étude, qui ont été réparties en 3 groupes. Les unes (n=46) ont eu une psychothérapie interpersonnelle, d’autres (n=43) une psychothérapie de résolution des problèmes et enfin le troisième groupe (n=43) a été assigné à une thérapie de soutien. En s’appuyant sur différents travaux antérieurs menés chez des malades souffrant d’autres cancers ou porteurs VIH, C Blanco et coll. ont émis l’hypothèse initiale que la psychothérapie interpersonnelle et la psychothérapie de résolution des problèmes avaient une efficacité supérieure à celle de la psychothérapie de soutien.

Peu importe le type de psychothérapie

Or cette hypothèse ne s’est pas confirmée ici. Les trois thérapies améliorent significativement le score de dépression de Hamilton, avec un taux de rémission de 25 %, 30 % et 27 %, respectivement. Les trois types de thérapie brève ont aussi amélioré de façon sensiblement égale les scores de satisfaction et de qualité de vie. Notons toutefois que les abandons de traitement ont été fréquents, atteignant 52 % pour la thérapie interpersonnelle, 37 % pour la thérapie de résolution des problèmes et 42 % pour la thérapie de soutien, différences non significatives entre les trois groupes. Enfin, deux facteurs prédictifs d’un abandon de la thérapie ont été identifiés : avoir arrêté la scolarité avant 16 ans et avoir un revenu annuel inférieur à 20 000 $.

Dr Roseline Péluchon

Blanco C. et coll.  A randomized trial of interpersonal psychotherapy, problem solving therapy, and supportive therapy for major depressive disorder in women

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