Taux bas de vitamine D et risque de fracture(s) à long terme

Spécialités :
Rhumatologie
Mots clefs :
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Les études sur les relations entre le taux de vitamine D et le risque de fractures ont donné lieu à de nombreux travaux, mais qui ont abouti à des résultats contrastés. Récemment, il a cependant était montré que des taux de 25-hydroxyvitamine D (25[OH]D) inférieurs à 20 ng/ml augmentent le risque fracturaire, tout du moins dans la population caucasienne et européenne.

Pour combler le manque d’informations concernant la population asiatique, une étude de cohorte a été réalisée au Japon, dite JPOS (Japanese Population-based Osteoporosis), dans laquelle ont été incluses initialement 1 437 femmes âgées de 50 ans ou plus, vivant toutes au sein de la communauté. L’objectif a été de rechercher une relation entre les taux plasmatiques de 25[OH]D et le risque de fractures dont certaines imputables à une fragilité osseuse (les tassements vertébraux [TV] étant traités à part du fait de leur faible incidence dans la cohorte). Au total, ces dernières ont été rapportées sur une durée de 15 ans, par 1 236 participantes, mais l’analyse a porté in fine sur 1 211 d’entre elles (après exclusion des cas de ménopause précoce et des maladies affectant le métabolisme osseux).

Au cours de la période prédéfinie, 269 fractures cliniquement confirmées ont été dénombrées, dont 224 autres que des TV et 149 en rapport avec une fragilité osseuse manifeste. Leur incidence a été évaluée en fonction des taux de 25(OH)D classés en quatre catégories (ng/ml) : <10, 10-20, 20-30, et ≥30. A 5, 10 et 15 ans, le test du log rank a indiqué des différences significatives entre ces catégories quant au risque fracturaire global (respectivement, p <0,001, p=0,001 et p=0017).

Comparativement aux taux de 25(OH)D ≥30 ng/ml, considérés comme normaux, les hazard ratios (HRs) de fractures à 5 ans, associés aux taux de 25(OH)D <10 et de 10-20 ng/ml, ont été respectivement estimés à 4,93 (p=0,009) et 3,00 (p=0,034). Pour ce qui est des fractures hors TV, les valeurs correspondantes ont été respectivement de 6,55 (p=0,005) et de 3,49 (p=0,036).

Une autre comparaison a été effectuée en distinguant seulement deux catégories, respectivement des taux <20 ng/ml et >20 ng/ml. Une tendance analogue a été observée, avec un HR de fractures tous types confondus à 5 ans, estimé à 1,72 (p=0,010) dans la catégorie <20 ng/ml. Les valeurs correspondantes pour les fractures autres que les TV et celles liées à une fragilité osseuse ont été respectivement de 2,45 (p <0,001) et 2,00 (p=0,032). Par ailleurs, après ajustement en fonction de l’âge et de la densité minérale osseuse, le HR de fractures (hors TV) à 15 ans est resté significativement élevé, soit 1,42 (p=0,012).

Cette étude de cohorte prospective japonaise démontre clairement que, chez la femme d’âge ≥50 ans, des taux plasmatiques bas de 25(OH)D notamment <20 ng/ml, sont associés à une augmentation significative de fractures à long terme, et ce indépendamment de la densité osseuse.

Dr Catherine Watkins

Tamaki J et coll. Total 25-hydroxyvitamin D levels predict fracture risk : results from the 15-year follow-up of the Japanese Population-based Osteoporosis (JPOS) Cohort Study. Osteoporos Int 2017 (27 février). doi: 10.1007/s00198-017-3967-6. Publication avancée en ligne.