Sur # AVC, les femmes sont plus optimistes que les hommes

Sur # AVC, les femmes sont plus optimistes que les hommes

L’accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique ne concerne pas seulement les personnes âgées. Dans les pays développés, un quart des AVC ischémiques surviendraient chez des jeunes adultes actifs et leur incidence est en augmentation depuis les années 1980. Des travaux ont démontré qu’après un AVC, les femmes présentent une limitation plus importante de leurs activités, une plus grande altération de leur qualité de vie et souffrent plus souvent de dépression que les hommes.
Comme pour à peu près tous les sujets de société ou de santé, des communautés se sont formées sur Twitter autour du thème de l’accident vasculaire cérébral et disposent désormais de plusieurs hashtags. L’analyse des tweets peut être, pour les chercheurs, une mine d’informations, reflétant l’humeur et/ou l’émotion instantanées de leurs auteurs.
C’est ainsi qu’une équipe espagnole a entrepris d’analyser les tweets postés entre août 1997 et décembre 2018 par 479 personnes ayant présenté un AVC, et éléments actifs de listes sur Twitter. L’objectif était de comparer les humeurs transparaissant dans ces tweets, selon qu’ils étaient postés par des femmes (n=244) ou par des hommes (n=235).
Plus de 5 millions de tweets ont été répertoriés. Les auteurs ont choisi d’analyser seulement les 15 % les plus récents. L’expression de huit émotions de base a été traquée dans ces tweets (joie, tristesse, colère, peur, dégoût, anticipation, confiance et surprise) et les messages ont été passés à la « moulinette » ou plutôt à l’hédonomètre, cet outil permettant de mesurer « l'état d'esprit des peuples en temps réel » selon les informations délivrées par Twitter…

Une analyse par hédonomètre

L’analyse de ces tweets recèle quelques surprises, puisque, contrairement à ce qui était attendu, les hommes utilisent plus souvent des mots décrivant des émotions négatives (dégoût, colère, peur, tristesse) et les femmes plus souvent des mots exprimant des émotions positives (anticipation, confiance, joie). L’hédonomètre confirme ces données et montre que le « taux de bonheur » atteint quotidiennement par les femmes est plus élevé que celui des hommes.
A Garcia-Rudolph et coll. avancent plusieurs hypothèses pour tenter d’expliquer ces résultats, en contradiction avec les données des études cliniques montrant un impact plus négatif des AVC chez les femmes, notamment pour la fréquence de la dépression. Selon l’une des hypothèses, cela tiendrait à ce que les femmes seraient plus sensibles que les hommes aux interactions sur les réseaux, particulièrement en termes d’estime de soi. La publication sur les réseaux sociaux d’événements et d’émotions positives leur permettrait, plus qu’aux hommes, de revivre l’expérience positive et de la prolonger, déclenchant des interactions et des retours plus nombreux et positifs. Au contraire, certains travaux ont montré que sur les réseaux sociaux, les messages exprimant la tristesse déclenchent moins de réactions des « amis ». Les femmes, plus sensibles aux « retours » de leurs tweets, privilégieraient donc les messages positifs. Ne devrait-on pas dès lors s’interroger sur l’authenticité des sentiments exprimés ?

Dr Roseline Péluchon

Garcia-Rudolph A. et coll. Stroke survivors on Twitter: Sentiment and topic analysis from a gender perspective. J Med Internet Res 2019 Aug 26 ; 21 (8) : e14077.doi: 10.2196/14077.

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