Sexe féminin et sédentarité, facteurs associés à un sommeil non réparateur

Sexe féminin et sédentarité, facteurs associés à un sommeil non réparateur
Le sommeil non réparateur concernerait environ 10% de la population et sa fréquence semble augmenter avec l’âge. Quels sont les facteurs qui influent sur la qualité du sommeil ?

Un sommeil non réparateur se définit comme l’absence de sensation de repos au moment du réveil. Il s’agit d’une particularité  qualitative et subjective du sommeil qui concernerait environ 10 % de la population. Plus fréquent chez les femmes, il s’associe à d’autres facteurs médicaux, parmi lesquels l’obésité, l’insuffisance cardiaque ou respiratoire, les symptômes dépressifs. Sa fréquence semble augmenter avec l’âge et particulièrement après 65 ans.

L’activité physique permettrait d’améliorer la qualité du sommeil. Une équipe japonaise a souhaité le vérifier et a mené une étude transversale incluant 90 122 personnes (38 603 hommes et 51 519 femmes).

Les auteurs font la distinction entre l’exercice physique (activité planifiée et structurée) et l’activité physique dans la vie quotidienne. Le sommeil non réparateur était dépisté par un questionnaire et considéré comme présent quand les participants répondaient « Non » à la question « dormez-vous bien et assez ? ».

Dans cette étude, environ la moitié des femmes ne pratiquent ni exercices ni activités physiques, mais les hommes n'en sont pas très loin, puisque 45 % n’en pratiquent pas non plus. Ces données confirment que cette absence d’exercice ou d’activité physique est associée au risque de sommeil non réparateur. Cela est vrai pour les deux sexes, mais plus pour les femmes, puisque près d’une femme sur 4 n’ayant pas d’activité le signale contre 1 homme sur 5.
L’âge apparaît lui aussi impliqué dans cette association et, parmi les sujets ne pratiquant pas d’exercice physique, le sommeil non réparateur concerne 28,8 % des hommes de 40-49 ans contre 36,7 % des femmes de cette tranche d’âge et 27,2 % des hommes de 50-59 ans contre 33,3 % des femmes. L’analyse binaire prenant en compte à la fois l’âge et le genre montre que, parmi les personnes ne pratiquant aucun exercice ni activité physique, le sommeil non réparateur concerne particulièrement les femmes quadragénaires et quinquagénaires et les hommes quadragénaires et septuagénaires.

Ces groupes bénéficieraient plus encore que les autres des incitations à la pratique de ces activités.

Les auteurs signalent toutefois que la prévalence du sommeil non réparateur constatée dans cette étude est supérieure à celle qui est rapportée dans des autres menées dans d’autres pays, comme en Espagne, en France, ou encore en Allemagne.

Dr Roseline Péluchon

Hidaka T. et coll. : Associations of presence or absence of exercise and/or physical activity with non-restorative sleep by gender and age: a cross-sectional study. BMJ Open 2019;9:e025730

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