Quelle contraception pour les femmes atteintes d’une affection cardiovasculaire ?

Spécialités :
Cardiovasculaire
Mots clefs :
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Les modifications physiologiques qui surviennent pendant la grossesse peuvent être délétères chez les femmes qui ont une affection cardiovasculaire. La prescription de mesures contraceptives est donc particulièrement utile dans cette population à condition toutefois qu’elle se fasse en toute sécurité. Or, bien que les moyens contraceptifs réversibles au long cours (dispositifs intra-utérins et implant) se soient avérés sûrs et efficaces chez les femmes en bonne santé, leur utilisation en cas d’affection cardiovasculaire reste controversée.

C’est la raison pour laquelle Vu et coll. ont réalisé une étude rétrospective portant sur les dossiers de 470 femmes (âge moyen : 34,6 ans) présentant une affection cardiovasculaire et chez qui avaient été mis en place, entre 2007 et 2012 au Centre médical de l’Université de Washington, un stérilet à fil de cuivre, un dispositif intra-utérin à  libération hormonale  ou un implant  à visée contraceptive.

Etaient inclus sous le label affection cardiovasculaire : les troubles du rythme, les cardiopathies congénitales, les valvulopathies, les cardiomyopathies, l’hypertension artérielle, le cœur pulmonaire chronique, l’insuffisance cardiaque, la maladie coronaire, la maladie artérielle et veineuse.

Taux de grossesse comparable à celui des femmes en bonne santé et très peu de complications avec la contraception réversible au long cours

Sur les 470 femmes, 120 (26,11 %) n’avaient jamais été enceintes et 169 patients (35,58 %) étaient nullipares ; 410 (87,23 %) avaient choisi le dispositif intra-utérin à libération hormonale, 33 (7,02 %) le stérilet à fil de cuivre et 23 (4,89 %) l’implant.

Chez 18 patientes (3,83 %), il a été noté une expulsion du dispositif intra-utérin ; 2 patientes (0,43 %) sont devenues enceintes (taux comparable à celui de moins de 1 % noté chez les femmes en bonne santé) et elles étaient toutes deux porteuses d’un dispositif intra-utérin qui a été retiré ou qui s’est expulsé spontanément ; aucune grossesse n’est survenue sous implant contraceptif ; 4 (0,85 %) patientes ont présenté des signes d’inflammation pelvienne.

Il n’a été signalé aucun cas de perforation, aucun cas d’endocardite.

En conclusion, les moyens contraceptifs réversibles au long cours s’avèrent sûrs chez les femmes présentant une affection cardiovasculaire dans la mesure où ils entraînent peu de complications. Ils représentent une option appropriée et peuvent donc être recommandés à cette population de femmes qui recherche une contraception sûre et efficace.

Dr Robert Haïat

Vu Q et coll. : Efficacy and Safety of Long-Acting Reversible Contraception in Women With Cardiovascular Conditions. Am J Cardiol 2016;117:302-304.