Parkinson: l’hyperhomocystinémie, biomarqueur différent chez la femme et l’homme

Parkinson: l’hyperhomocystinémie, biomarqueur différent chez la femme et l’homme
Les mécanismes pathogéniques à l’origine de la maladie de Parkinson ne sont pas élucidés mais plusieurs études ont reporté une augmentation du taux sérique d’homocystine. Cette hyperhomocystinémie est-elle liée à la maladie de Parkinson ou au traitement par la L-Dopa ?

Les mécanismes pathogéniques de la maladie de Parkinson, à l’origine de la mort de vastes zones de neurones et de structures cérébrales, ne sont pas encore élucidés. Les facteurs prédictifs des manifestations de la maladie et les biomarqueurs éventuels pour son diagnostic font encore l’objet de nombreux travaux. Plusieurs études ont reporté une association entre une hyperhomocystinémie et la maladie de Parkinson. Cette association pourrait toutefois être le résultat à long terme du traitement par la L-Dopa et les études menées sur le sujet donnent des résultats largement contradictoires.

Une équipe coréenne a repris le sujet, pour préciser le lien entre une homocystinémie élevée et les symptômes de la maladie de Parkinson.
Le taux sérique d’homocystine, des folates et de la vitamine B12 ont été mesurés chez 205 patients atteints de maladie de Parkinson et comparés à ceux de 78 personnes du même âge, indemnes de maladie de Parkinson. La gravité des symptômes était évaluée par une batterie de tests cliniques, explorant les symptômes moteurs et cognitifs.

Il apparaît que les patients atteints de maladie de Parkinson présentent en effet un taux sérique d’homocystine significativement supérieur à celui des témoins. En revanche, les taux de folates et de vitamine B12 ne sont pas augmentés. Mais ces données révèlent surtout que le sexe joue un rôle déterminant dans la valeur de l’hyperhomocystinémie comme marqueur prédictif de l’atteinte motrice et cognitive chez les personnes atteintes de maladie de Parkinson. Plus particulièrement, une hyperhomocystinémie est associée chez l’homme à de moins bonnes performances motrices, alors que chez la femme elle est associée à une altération plus importante des fonctions cognitives, sans lien avec les fonctions motrices.

Pour les auteurs, cet « effet genre » pourrait bien être à l’origine des résultats contradictoires retrouvés dans de nombreux travaux sur l’utilité de l’hyperhomocystinémie comme biomarqueur de la maladie de Parkinson. Notons qu'il n’est pas prouvé que l’hyperhomocystinémie joue un rôle physiopathologique dans la maladie de Parkinson. Cette anomalie biologique pourrait être plutôt un « marqueur de remplacement » du processus neurodégénératif.

Dr Roseline Péluchon

Bakeberg M.C. et coll. : Elevated Serum Homocysteine Levels Have Differential Gender-Specific Associations with Motor and Cognitive States in Parkinson’s Disease. Parkinson’s Disease. Volume 2019, Article ID 3124295, 8 pages

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