On en saura plus sur les effets secondaires à long terme des traitements du cancer du sein

On en saura plus sur les effets secondaires à long terme des traitements du cancer du sein
À un an des premières patientes incluses dans l'étude Canto (CANcer TOxicities), l'évaluation intermédiaire serait encourageante sur l'analyse des conséquences de ces traitements du cancer du sein...

Grâce au dépistage et au traitement, près de 80 % des femmes dans les pays développés peuvent, après un cancer du sein, espérer une survie sans récidive de longue durée. En Europe, on compte environ 2 millions de « survivantes », et il est vraisemblable qu’elles seront de plus en plus nombreuses.

Bien que des études antérieures aient montré que la plupart de ces femmes retrouvent une santé comparable à celle des femmes qui n’ont pas eu de cancer, une certaine proportion d’entre-elles doivent faire face, à long terme, aux conséquences néfastes de leur traitement.

L’étude CANTO (CANcer TOxicities), étude de cohorte prospective multicentrique française, incluant, dès le diagnostic, des femmes atteintes d’un cancer du sein invasif de stade I à III localisé (cT0-cT3, cN0-3) a comme objectif premier d’identifier les facteurs  prédictifs des toxicités à long terme des traitements administrés, et comme second objectif de faire le point sur l’ensemble des conséquences de ces traitements, qu’elles soient psychologiques, sociales ou économiques.

12 012 femmes ont été incluses de mars 2012 à octobre 2018. Leur surveillance a débuté 3 à 6 mois après la fin du traitement (chirurgie, chimiothérapie ou radiothérapie) que les femmes aient ou non des traitements complémentaires (reconstruction, hormonothérapie…), puis elle est poursuivie à 1, 3 et 5 ans. Toutes les femmes incluses doivent être suivies au moins cinq ans.
Les effets toxiques sont évalués selon les critères du CTC (Common Toxicity Criteria), et les effets indésirables selon ceux de l’EORTC (European Organisation for Research and Treatment of Cancer).

Pour chaque patiente sont notés les antécédents, la classification précise de la tumeur, et les détails du traitement. Lors de chaque consultation de suivi, les patientes sont interrogées et examinées, les effets indésirables des traitements sont évalués, ainsi que les résultats des examens complémentaires.
Les examens complémentaires pratiqués chez toutes les femmes sont NFS,  bilan hépatique, ionogramme, créatininémie et bilan glucido-lipidique lors de la consultation de surveillance initiale, puis à 3 et à 5 ans.
Les femmes non ménopausées ont une évaluation de leur fonction ovarienne (FSH, LH, estradiol) lors de la première consultation et à 3 ans.
Les femmes ménopausées et les femmes traitées par un inhibiteur de l’aromatase font une ostéodensitométrie initiale, puis à 3 et à 5 ans.
Une échographie cardiaque et /ou une mesure de la fraction d’éjection sont effectuées de manière plus ou moins fréquente selon le type de traitement et la localisation tumorale.
D’autres examens peuvent être prescrits selon les symptômes présentés par les patientes.
L’impact psychologique et social ainsi que le retentissement sur la qualité de vie sont évalués par différents auto-questionnaires.

Evaluation à un an des premières patientes incluses

L’évaluation intermédiaire, à un an, des caractéristiques des 5 801 premières patientes incluses dans l’étude CANTO montre, que  87,2 % des malades avaient une tumeur RH +,  14,3 % HER 2 +,  49,3 %  une tumeur de stade I, 73,1 %  ont eu une chirurgie conservatrice, 90,4 % une radiothérapie complémentaire, 53,4 % une chimiothérapie (néo) adjuvante, 11,3 % un traitement par trastuzumab, et 80,3 % une hormonothérapie.
Il y avait peu de données manquantes, et le taux de remplissage des dossiers de surveillance était élevé. Plus de 96% des prélèvements sanguins avaient été collectés.
Cette étude représente une opportunité majeure pour mieux comprendre les effets indésirables à long terme des traitements du cancer du sein.

Dr Catherine Vicariot

Vaz-Luis I et coll.: UNICANCER: French prospective cohort study of treatment-related chronic toxicity in women with localised breast cancer (CANTO). ESMO Open 2019;4:e000562. doi:10.1136/ esmoopen-2019-000562 .

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