Mieux dépister les troubles du comportement alimentaire

Les troubles des conduites alimentaires sont souvent de prise en charge difficile et peuvent être associés à des problèmes médicaux et psychologiques complexes. Les outils de dépistage sont intéressants pour identifier les personnes à haut risque, dans l’objectif de mettre en place une prévention efficace. Mais ils doivent pouvoir aussi détecter des signes précoces de troubles des conduites alimentaires et, le cas échéant, en établir le diagnostic. Les outils actuels permettent d’identifier les femmes à haut risque ou présentant déjà des signes, mais il n’existait pas, jusqu’à présent, de tests permettant de séparer les individus à faible risque et à haut risque ni de dissocier les symptômes subliminaux du tableau complet.
C’est la raison pour laquelle une équipe états-unienne a mis au point un nouvel outil de dépistage, en l’occurrence le SWED. Plus de 500 jeunes femmes de 18 à 25 ans se sont portées volontaires pour la validation de ce test qui a bénéficié des apports des tests habituels de dépistage des troubles du comportement alimentaire, le questionnaire semi-structuré EDE (Eating Disorder Examination, version diagnostic, 14e édition) et d’autres, parmi lesquels la Weight Concerns Scale (WCS). Les mesures anthropométriques, poids, taille et IMC ont également été collectées.

Un nouvel outil pour une prise en charge par étapes

Le SWED comprend 11 questions, pouvant elles-mêmes ouvrir sur d’autres interrogations. Un score de 4 au questionnaire EDE (importance du poids, de la silhouette, crainte d’une prise de poids et sensation de grossir) attirait l’attention sur l’existence d’un véritable souci concernant le poids. Les participantes étaient considérées comme à haut risque si le score WCS était égal ou supérieur à 47 et si elles n’étaient pas diagnostiquées comme ayant un trouble institué des conduites alimentaires. Le diagnostic de troubles des conduites alimentaires a été fait selon les critères du DSM-5.
Dans cette étude, l’outil SWED a eu une sensibilité allant de 0,90 pour le dépistage de l’anorexie mentale à 0,55 pour les comportements de purge (vomissements, abus de diurétiques ou de laxatifs). Sa spécificité allait de 0,99 pour l’anorexie mentale à 0,79 pour un trouble subliminal des compulsions alimentaires.
Au total, les auteurs estiment que cet outil peut être utilisé pour établir des prises en charge par étapes, mieux adaptées à l’importance du trouble dépisté.

Dr Roseline Péluchon

Graham A.K. et coll. : A screening tool for detecting eating disorder risk and diagnostic symptoms among college-age women. J Am Coll Health. 2018 : 1-27. Publication avancée en ligne le 6 juillet. doi: 10.1080/07448481.2018.1483936.