L’hyperandrogénie asymptomatique, marqueur du risque de syndrome métabolique

L’hyperandrogénie asymptomatique, marqueur du risque de syndrome métabolique

Certaines études épidémiologiques ont relevé un taux élevé de testostérone chez des femmes présentant un syndrome métabolique. Par ailleurs, une hyperandrogénie est une découverte assez fréquente chez les jeunes filles obèses en période de puberté, et serait le premier marqueur d’un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK).

Mais l’hyperandrogénie peut-elle être aussi un marqueur de risque cardiométabolique chez les femmes dont les fonctions reproductrices sont normales ? Autrement dit, le lien entre hyperandrogénie et syndrome métabolique est-il toujours dépendant d’un SOPK ?

Pour le savoir, une équipe états-unienne a recruté 198 femmes sans signe clinique d’hyperandrogénie et avec des cycles menstruels normaux. Il apparaît que l’hyperandrogénie n’est pas rare parmi ces femmes, puisque 22 % d’entre elles sont concernées. La prévalence de l’hyperandrogénie augmente avec l’indice de masse corporelle (IMC), de 12 % pour les IMC < 25, à 31 % pour les IMC ≥ 30.
Même après ajustement pour l’IMC, les femmes en hyperandrogénie gardent un risque de syndrome métabolique augmenté par rapport aux femmes normo-androgéniques (OR 2,9 ; intervalle de confiance à 95 % [IC] : 1,2 à 6,9). C’est le cas aussi pour le risque d’anomalies de la glycémie (OR : 2,7 ; IC : 1,2 à 5,8). L’analyse des données suggère toutefois qu’un taux faible de SHBG (Sex Hormone-Binding Globulin), protéine de liaison des hormones sexuelles dans le plasma, est un facteur prédictif du risque de syndrome métabolique, plus sûrement que le taux sérique des androgènes.

Les auteurs précisent que dans leur cohorte, 36 % des femmes avaient une hyperandogénie associée à un taux élevé de l’hormone anti-mullérienne, répondant aux critères de Rotterdam d’un SOPK. Après exclusion de ces femmes du calcul, le risque de syndrome métabolique persiste, suggérant qu’il est bien indépendant du diagnostic de SOPK.

Dr Roseline Péluchon
Torchen LC. Et coll. : Hyperandrogenemia is Common in Asymptomatic Women and is Associated with Increased Metabolic Risk. Obesity, 2019

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