Les troubles cognitifs, plus fréquents chez les femmes sous dialyse péritonéale

Les troubles cognitifs, plus fréquents chez les femmes sous dialyse péritonéale

Certains pays, comme la Thaïlande ou Hong Kong, choisissent la dialyse péritonéale en première intention chez les patients nécessitant une « thérapie de remplacement rénal ». L’une des complications les plus redoutées, et pourtant fréquente, de la dialyse péritonéale est la péritonite. Certains facteurs de risque de péritonite sont bien identifiés, incluant les interventions invasives, les coloscopies, le portage nasal de staphylocoque doré, l’obésité, l’hypoalbuminémie, etc. Moins bien connu est l’impact des troubles cognitifs sur le risque de péritonite dans cette population.
Ces derniers semblent en effet plus fréquents parmi les patients en insuffisance rénale terminale que dans la population générale. L’imagerie cérébrale montre une fréquence plus élevée de lésions vasculaires, infarctus silencieux ou hyperdensités, dans la substance blanche, que dans la population générale. Il s’agit là d’un facteur de risque de mauvaise compliance aux traitements médicamenteux, et particulièrement de perturbations du suivi de la dialyse péritonéale, notamment quand le malade ne bénéficie pas d’assistance médicale à domicile. La prévalence de la démence chez les patients sous dialyse péritonéale n’est toutefois pas parfaitement connue, non plus que son impact sur le suivi du traitement.

Un risque accru de péritonite

Pour en savoir un peu plus, une équipe de Hong Kong a réalisé une revue de la littérature et une méta-analyse d’essais publiés entre 1980 et avril 2019. Huit études ont été retenues pour l’analyse de la prévalence, incluant les données de 1 736 patients. Il apparaît que la prévalence des troubles cognitifs dans cette population est de 28,7 %. La méta-analyse de 20 études a permis d’identifier les facteurs de risque. Certains facteurs irréversibles sont souvent représentés : il s’agit d’un âge supérieur à 60 ans, d’un faible niveau d’éducation et du sexe féminin. La raison pour laquelle le sexe féminin est associé à une plus forte prévalence de troubles cognitifs chez les patients sous dialyse péritonéale est toutefois encore inconnue. Il pourrait s’agir de l’espérance de vie, qui est supérieure chez la femme.
Quoi qu’il en soit, il ressort que les troubles cognitifs sont associés à un risque plus élevé d’hospitalisations, justifiées pour la majorité d’entre elles par la survenue d’une péritonite. Ces complications surviennent le plus souvent après plus d’un an de dialyse péritonéale. Les auteurs recommandent donc le dépistage systématique des troubles cognitifs chez les patients à risque, avant la mise en route d’une dialyse péritonéale.


Dr Roseline Péluchon


Shea Y-F et coll.  Prevalence of cognitive impairment among peritoneal dialysis patients: a systematic review and meta‐analysis. Clin Exp Nephrol 2019.Publication avancée en ligne le 27 juin. doi: 10.1007/s10157-019-01762-1

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