Les troubles cognitifs de la schizophrénie seraient-ils influencés par les hormones ?

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Les troubles cognitifs occupent une place importante dans la schizophrénie. Cela est d’autant plus préoccupant que les traitements actuels n’ont pas de réelle efficacité sur leur évolution. Leur étiologie est mal connue, mais des perturbations hormonales de l’axe hypothalamo-hypophysaire, particulièrement des hormones sexuelles, sont parfois incriminées. De précédents travaux ont montré qu’elles ont différents effets sur le développement et le fonctionnement du cerveau, et certains ont suggéré leur possible influence sur la cognition.
Pour en savoir plus, une équipe australienne a cherché à évaluer l’influence de la ménopause et des irrégularités menstruelles sur les performances cognitives de 240 patientes atteintes de schizophrénie. La cognition a été évaluée par une batterie de tests et des dosages hormonaux ont été réalisés (estradiol, progestérone, LH et FSH). Les patientes étaient classées selon leur statut hormonal : post-ménopause, périménopause, préménopause/âge de reproduction, puis selon la régularité de leurs cycles (réguliers/irréguliers). Le groupe de référence était celui des femmes en âge de procréer, avec des cycles réguliers.

Un lien entre irrégularités menstruelle et altérations cognitives

Il s’agit là de la première étude de ce type, et les résultats sont à la hauteur des attentes, puisqu’ils confirment les soupçons émis sur l’influence des hormones sexuelles. Il apparaît en effet que chez ces patientes psychotiques, la présence d’irrégularités menstruelles constitue un élément prédictif de mauvaises performances cognitives dans le domaine de la vitesse psychomotrice, de la fluence verbale et de la mémoire verbale, domaines fréquemment altérés chez les personnes atteintes de schizophrénie. De plus, si la période de péri-ménopause n’est pas associée à des modifications cognitives, la post-ménopause est en revanche associée à des performances visuo-spatiales altérées.

Dr Roseline Péluchon

Gurvich C. et coll. : Menstrual cycle irregularity and menopause status influence cognition in women with schizophrenia. Psychoneuroendocrinology 2018 ; 96 : 173-178.