Les taux sériques de vitamine D ne varient pas en fonction de la saison chez les femmes âgées… du Chili

Psychiatrie - Addictions

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Nombreux sont les facteurs qui influent sur la photosynthèse et la biodisponibilité de la vitamine D dont le rôle physiologique apparaît primordial dans l’espèce humaine. Parmi ceux-ci, figurent notamment l’exposition solaire tributaire de la latitude, la saison, l’heure de la journée, l’habillement, la pigmentation cutanée, l’âge, le sexe, l’obésité et diverses maladies chroniques, pour ne citer que quelques exemples. Le déficit en vitamine D qui concerne un milliard d’habitants de cette planète a de nombreuses conséquences pathologiques, au travers du rachitisme, de l’ostéomalacie, de l’ostéoporose, voire d’autres maladies chroniques. Le risque d’un tel déficit est particulièrement élevé chez la femme âgée, a fortiori au cours de l’hiver et du printemps, mais il pourrait être modulé par le pays d’origine, par exemple sa latitude. Cette hypothèse est remise en question par les résultats d’une étude transversale réalisée à Santiago du Chili (latitude: 33,4° sud, climat méditérranéen). Dans ce pays, qui est effectivement situé dans l’extrême sud du continent américain, le mode de vie occidental devrait protéger quelque peu de la carence en vitamine D, mais là comme ailleurs, il existe un hiver et un printemps, pendant lesquels la diminution de l’ensoleillement retentit sur sa biosynthèse. L’objectif de l’étude en question a été en effet d’évaluer les variations saisonnières des taux sériques de vitamine D [25(OH)-D] (ou calcidiol) au sein d’une cohorte constituée de 739 femmes âgées de 20 à 87 ans. Les concentrations sériques moyennes de 25(OH)-D dans ce groupe considéré dans son ensemble ont été estimées à 24,1 ± 10,5  ng /ml. Chez les femmes âgées de 20 à 39 ans, les valeurs moyennes correspondantes ont été de 25,8 ± 10,6 ng/ml, significativement supérieures à celles des femmes âgées ≥60 ans, qui étaient de 23,9 ± 11,1  ng/ml ; p< 0,02). Globalement, un déficit authentique en vitamine D a été mis en évidence chez 38,4 % des participantes versus 36,1 % pour une simple insuffisance. Le déficit est apparu moins fréquent entre 20 et 39 ans, concernant 28,4 % de ces femmes jeunes versus 43,9 % dans le groupe d’âge ≥60 ans (p < 0,004).

Une question vestimentaire ?

Dans le groupe considéré en entier, la fréquence du déficit en vitamine D s’est a été significativement plus faible chez les femmes les plus jeunes en été, soit de 23,7 % versus 47,7 % en hiver (p<0,0001). La proportion de participantes âgées de 20 à 39 ans présentant un déficit en vitamine D est ainsi passée de 48,9 % en hiver à 4,9 % en été (p=0,0001). Dans le groupe des femmes plus âgées (40-59 ans), cette tendance à un moindre déficit saisonnier était moins franche (les valeurs étant de 51,2 % à 27,6% ; p= 0,0020). En revanche, cette variation n’a pas été observée chez les femmes plus âgées (≥60 ans), la fréquence du déficit en vitamine D restant au voisinage de 40 % quelle que soit la saison. La prévalence du déficit en vitamine D [25(OH)-D] apparaît très élevée à Santiago du Chili, notamment chez les femmes âgées (≥60 ans), soit de l’ordre de 40 %, qui devraient donc être préférentiellement ciblées en termes de prévention de l’insuffisance en vitamine D. De plus, le déficit est constaté tout au long de l’année, indépendamment des saisons alors que, chez les femmes jeunes (<40 ans), le déficit en vitamine D tend à disparaître au cours de l’été. L’explication avancée par les auteurs est que les femmes âgées ont tendance à moins se découvrir l’été que les femmes plus jeunes, se privant ainsi des bénéfices du soleil que l’on peut obtenir à cette saison. Dr Philippe Tellier