Les femmes stressées ont plus de risque de développer un diabète

Partager l'article :

L’incidence du diabète de type 2 est en augmentation constante. Plusieurs facteurs de risque ont été identifiés, et nombre d’entre eux sont des facteurs environnementaux modifiables, tels que l’obésité, l’inactivité physique, le régime alimentaire, le tabagisme, l’hypertension, etc. Ils contribueraient pour environ 60 % au risque de diabète. Malgré certaines interventions destinées à réduire ces facteurs de risque, le diabète continue toutefois de progresser, ce qui laisse penser que d’autres facteurs environnementaux restent à identifier. Parmi eux, le stress, particulièrement le stress au travail. Certains travaux ont déjà été réalisés sur le lien entre stress et diabète, mais ont jusqu’à présent livré des résultats contradictoires. C’est pourquoi l’on découvre avec intérêt les résultats d’une nouvelle étude. Réalisée en Australie, elle porte sur les données médicales de près de 13 000 femmes nées entre 1946 et 1951. L’étude recherche l’existence d’une relation temporelle entre le stress perçu et rapporté par les participantes et l’apparition d’un diabète de type 2 chez les femmes, à « l’âge mûr ». La première constatation, qui ne surprend pas outre mesure, est l’existence d’une relation entre le stress et les autres facteurs de risque associés au diabète que sont l’hypertension, une mauvaise alimentation et le manque d’activité physique. Mais au-delà, il existe aussi une relation directe entre la perception de stress, même minime, et l’incidence d’un diabète dans les 3 années suivantes, le risque étant plus que doublé pour un stress « modéré à élevé », par rapport à l’absence de stress.

Diabète : nouvelle cible de prévention ?

Le mécanisme par lequel le stress pourrait favoriser l’apparition du diabète n’est pas parfaitement élucidé. Il pourrait s’agir d’un mécanisme neuro-endocrine, au cours duquel le stress agit en provoquant une dérégulation de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien et de l’axe sympatho-surrénalien qui favoriserait finalement l’apparition de l’insulinorésistance. Ces données semblent désigner le stress comme une nouvelle cible de la prévention du diabète de type 2. Deux angles d’attaque peuvent être envisagés. L’un consisterait en la validation d’outils pour mieux évaluer le stress et intensifier le dépistage du diabète chez les personnes qui le subissent, l’autre comprendrait des interventions auprès de ces dernières, visant à l’amélioration de la gestion du stress.

Dr Roseline Péluchon

Harris M.L. et coll . : Stress increases the risk of type 2 diabetes onset in women: A 12-year longitudinal study using causal modelling. PLoS ONE 12(2): e0172126doi: 10.1371/journal.pone.0172126. eCollection 2017.

Source