Les facteurs de l’obésité centrale peuvent être différents selon le profil socio-économique

Les facteurs de l’obésité centrale peuvent être différents selon le profil socio-économique

Des travaux ont montré qu’une consommation élevée de graisses animales saturées est associée à un excès de tissu adipeux au niveau de la région abdominale. C’est aussi le cas d’une forte consommation d’hydrates de carbone simples et d’une faible consommation de fibres, le tout étant associé à des facteurs génétiques et comportementaux. Toutefois, l’obésité abdominale peut aussi être associée à une alimentation peu calorique.
Pour tenter de comprendre ce paradoxe, une équipe brésilienne a réalisé une étude comparant les apports alimentaires et l’activité physique chez des femmes présentant une obésité abdominale, mais appartenant à des milieux socio-économiques différents, déterminées selon la classification NRS (National Readership Survey). L’étude a été menée via un questionnaire, soumis à 89 femmes appartenant aux grades socio-économiques A/B (classe moyenne supérieure/classe moyenne) et au même nombre appartenant aux grades C/D/E (classe moyenne inférieure et classe ouvrière qualifiée/ classe ouvrière/ sans travail). Toutes avaient un tour de taille supérieur à 84 cm. La sédentarité était définie comme l’absence de pratique d’une activité physique régulière équivalente à celle définie par l’OMS (au moins 30 mn de marche chaque jour, 5 jours par semaine).

Les apports caloriques pas forcément coupables

Selon ces critères, la sédentarité était largement plus répandue dans les grades socio-économiques C/D/E (92,13 % versus 24,71 %). Les facteurs socio-économiques sont apparus déterminants dans le choix de l’activité physique : les femmes des groupes A/B avaient tendance à pratiquer une activité physique pour rester en bonne santé, alors que pour les autres, l’activité physique consistait principalement à assurer les tâches ménagères et la marche du foyer.
Concernant les apports caloriques, les résultats confirment qu’un apport calorique peut être inférieur aux normes recommandées chez les personnes présentant une obésité centrale. C’était le cas ici, où l’apport calorique était inférieur aux recommandations chez les personnes des groupes C/D/E et conforme, en revanche, pour les groupes A/B. L’obésité centrale constatée dans tous les groupes ne peut donc pas uniquement s’expliquer par les apports caloriques.
Pour ce qui est des macronutriments, si les apports protéiques étaient sensiblement identiques dans tous les groupes, ce n’était pas le cas pour les apports en hydrates de carbone, consommés en plus grande quantité dans les catégories C/D/E (60,2 % versus 55 %), et les lipides, consommés en plus grande quantité dans les catégories A/B. Quant aux apports en fibres, ils étaient notoirement insuffisants dans les grades C/D/E.
Les profils métaboliques des femmes reflétaient ces différences, es taux de triglycérides étant significativement plus élevés dans les groupes C/D/E, alors que les taux de HDL-cholestérol étaient supérieurs dans les autres classes.
La présence d’une obésité centrale chez la femme ne recouvre donc pas un seul et même comportement hygiéno-diététique, mais semble lié à des différences dans la qualité de certains macronutriments, associées à une activité physique, dont les caractéristiques dépendent étroitement de la catégorie socio-économique.

Dr Roseline Péluchon

Rodrigues Ferraz I.A. et coll. Comparison of the energy and metabolic nutritional profile of women with central obesity of socioeconomic classes A/B vs C/D/E. Nutr Hosp 2019. Publication avancée en ligne le 19 juin. doi: 10.20960/nh.2246.

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