Les déterminants de l’anémie ferriprive en fonction du genre

Les déterminants de l’anémie ferriprive en fonction du genre

En 2016, l’anémie ferriprive (AFP) figurait parmi les cinq premières causes d’années vécues avec une incapacité dans le monde. En termes de prévalence, elle se situait au dixième rang avec un nombre annuel de cas estimé à 1,24 milliard. Ses causes dépendent à la fois du sexe et de l’âge.


Chez l’homme, ce sont les maladies digestives qui dominent alors que chez la femme, les règles abondantes en sont la principale étiologie. L’influence du genre sur les déterminants de l’AFP et sa prévalence semble varier d’un pays à l’autre comme le suggèrent les résultats issus de l’étude dite NHANES (National Health and Nutrition Examination) et ceux provenant de bases de données constituées dans quatre pays européens, respectivement l’Espagne, l’Allemagne, l’Italie et la Belgique.


Ces notions se confirment avec la poursuite de l’exploitation de ces dernières, l’objectif étant de préciser les déterminants de l’AFP selon le genre au moyen d’une analyse multivariée. L’analyse des données a porté sur des périodes variables d’un pays à l’autre : (1) Italie (2002-2013) ; (2) Belgique, Allemagne et Espagne (2007-2013). Chaque risque d’AFP a été calculé sous la forme d’un hazard ratio ajusté (HRa) associé à son intervalle de confiance à 95 % (IC95 %).
Chez la femme en âge de procréer et même en cas de grossesse, l’âge a été significativement associé à l’AFP dans les quatre pays, les valeurs du HRa variant effectivement d’un pays à l’autre, par exemple il était de 1,20 (IC 95 %, 1,15-1,25) en Italie versus 1,88 (IC95% 1,53-2,31) en Allemagne. Les ménométrorragies ont été l’un des déterminants principaux, avec un HRa différent selon le pays : Allemagne (HRa=2,71, IC95% : 1,96-3,73), Italie (HRa=1,80, IC : 95% 1,60-2,03) et Espagne (HRa=1,52, IC 95% :1,31-1,76). Chez l’homme, le HRa a été positivement associé à l’âge à partir de la tranche 65-69 ans.

L’alopécie associée à un risque plus élevé uniquement chez la femme


Parmi les signes révélateurs, l’alopécie a été associée à un risque élevé uniquement chez la femme, alors que dans les deux sexes, la faiblesse généralisée et les céphalées ont été impliquées. Le risque d’AFP est apparu également important en cas de perte sanguine plus ou moins chronique ou de malabsorption intestinale.
Dans ces conditions, le médecin devrait inciter les femmes en âge de procréer à suivre un régime suffisamment riche en fer, selon les recommandations en vigueur dans les pays européens. Il convient aussi de surveiller régulièrement l’efficacité de ce régime en dosant le fer sérique selon la concentration plasmatique d’hémoglobine.  


Dr Philippe Tellier

Levi M et coll. Gender differences in determinants of iron-deficiency anemia: a population-based study conducted in four European countries. Ann Hematol 2019. Publication avancée en ligne le 9 mai. doi: 10.1007/s00277-019-03707-w.

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