L’efficacité de la vaccination contre les papillomavirus est confirmée dans la « vraie vie »

L’efficacité de la vaccination contre les papillomavirus est confirmée dans la « vraie vie »

Les essais cliniques ont démontré l’efficacité du vaccin quadrivalent contre le papillomavirus (HPV). Des études de surveillance peuvent désormais estimer l’impact au long cours de la vaccination dans la vie réelle. Cela a été l’objectif d’une étude réalisée aux Etats-Unis : déterminer la prévalence de l’infection à HPV (sérotypes contenus dans le vaccin), chez des adolescentes et jeunes adultes vaccinées et non vaccinées, 11 ans après l’introduction de la vaccination. Au total, 1 580 participantes, âgées de 13 à 26 ans, ont été recrutées entre 2006 et 2017. Toutes avaient eu des relations sexuelles avant la vaccination (ce qui était un critère de sélection).
Pendant cette période, le taux de vaccination (défini comme le fait d’avoir reçu au moins 1 dose de vaccin) est passé de 0 % à 84,3 %, 97 % des participantes ayant reçu le vaccin quadrivalent. Parmi celles qui ont été vaccinées par ce vaccin quadrivalent, la détection d’un virus HPV de type inclus dans le vaccin est passée de 35 % à 6,7 % pendant la période considérée, soit une réduction de 80,9 % des cas : OR=0,13 ; IC95 % : 0,08 à 0,22.

Les non vaccinées en profitent aussi

De plus, les données montrent que le bénéfice de la vaccination ne se limite pas à celles qui sont vaccinées, puisqu’il apparaît aussi une réduction de 40 % des cas d’infection à HPV (de sérotypes contenus dans le vaccin), chez les jeunes femmes non vaccinées (de 32,4 % à 19,4 % : OR=O,50 ; IC95 % : 0,26 à 0,97), traduisant un effet d’immunité de groupe.
L’étude a également mis en évidence une réduction de la prévalence des 5 sérotypes additionnels contenus dans le vaccin nonavalent, chez les personnes vaccinées. Cela peut être dû au fait que 12 % des femmes de la cohorte avaient reçu le nonavalent à partir de 2014, mais il peut aussi s’agir d’un effet de protection croisée après la vaccination par le quadrivalent, sachant que les 5 types additionnels ont des similitudes génétiques avec les HPV 16 et 18. En revanche, la prévalence de ces 5 sérotypes a augmenté chez les femmes non vaccinées, augmentation qui pourrait être due à un phénomène de remplacement des sérotypes. Les  auteurs suggèrent toutefois que cela pourrait plus vraisemblablement être lié au fait que les femmes qui choisissent de ne pas se faire vacciner ont peut-être plus de comportements à risque.
Ce travail confirme ainsi l’efficacité de la vaccination dans les conditions réelles. Notons que cette efficacité est d’autant plus remarquable que l’étude a été menée chez des jeunes femmes ayant reçu au moins 1 injection, mais pas obligatoirement la série complète, et qu’il s’agissait de sujets à risque d’infection à HPV préexistant à la vaccination, ce qui n’est pas souvent le cas dans les essais cliniques.

Dr Roseline Péluchon

Spinner C. et coll. Human Papillomavirus Vaccine Effectinveness and Herd Protection in Young Women. Pediatrics 2019 ; 143 : e20181902. doi: 10.1542/peds.2018-1902.

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