Le stress favorise les pathologies mammaires bénignes

Le stress favorise les pathologies mammaires bénignes

Les pathologies bénignes du sein constituent un groupe hétérogène réunissant les kystes, ectasies canalaires, fibroadénomes, hyperplasies et l’adénose sclérosante. Elles affecteraient environ 30 % des femmes au cours de leur vie. Certains facteurs de risque ont été identifiés. Il s’agit de l’âge, de l’origine ethnique, d’un taux élevé d’estrogènes circulants, du syndrome prémenstruel, des antécédents familiaux, de l’utilisation de contraceptifs oraux et de l’endométriose. L’alimentation et le mode de vie pendant l’adolescence seraient aussi des facteurs influençant le risque : la pratique d’une activité physique et la consommation de fruits et légumes, notamment, réduiraient le risque, tandis que la consommation d’alcool l’augmenterait. Au-delà de l’impact sur la qualité de vie, les pathologies du sein seraient aussi un facteur de risque de cancer du sein.
Certains travaux ont suggéré que le stress pouvait aggraver le risque de pathologie bénigne du sein. Une équipe chinoise a choisi d’explorer cette hypothèse, en réalisant une étude rétrospective des données de 61 907 jeunes femmes, âgées en moyenne de 30 ans. Trois catégories de stress étaient distinguées : le stress au travail, le stress social et le stress financier. Dans cette cohorte, 8 % des patientes avaient une pathologie bénigne du sein.
Sur l’ensemble des participantes, 1,9 % ont rapporté un niveau élevé de stress au travail, 0,1 % un niveau élevé de stress social et 1,1 % un niveau élevé de stress financier. Mais 7,1 % d’entre elles ont affirmé ressentir plusieurs formes de stress (quel qu’en soit le niveau) au moment de l’enquête.

Travail et problèmes financiers en première ligne

Il apparaît que le stress au travail et le stress financier sont significativement associés à une augmentation de l’incidence des pathologies bénignes du sein (risque augmenté de 57 % pour le premier et de 34 % pour le second). C’est le cas aussi, mais dans une moindre mesure, pour le stress social (augmentation de 11 % du risque). Le lien demeure significatif après exclusion des participantes ayant un antécédent familial de pathologie mammaire, au 1er ou au 2e degré. Il semble de plus que la présence de plusieurs formes de stress n’augmente pas le risque.
Les auteurs estiment qu’apprendre la gestion du stress serait un moyen efficace de réduire le risque de pathologie bénigne du sein, et par là peut-être l’incidence du cancer du sein. D’autres travaux sont nécessaires pour déterminer si la durée du stress, son intensité ou la période où il survient, peuvent avoir une influence sur le risque, ainsi que pour élucider le mécanisme par lequel se fait cette association.

Dr Roseline Péluchon

Barrow T.M. et coll. : Psychosocial stress is associated with benign breast disease in young Chinese women: results from Project ELEFANT. Breast Cancer Res Treat 2018. Publication avancée en ligne le 25 septembre. doi: 10.1007/s10549-018-4979-4.

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