Le prurit est plus fréquent et plus sévère chez les femmes

Le prurit est plus fréquent et plus sévère chez les femmes
Enquête aux Etats-Unis au sein d’une cohorte de 18 753 patients consultant pour un prurit...

Le prurit est un symptôme fréquent dont l’impact négatif sur la qualité de vie des patients est bien connu. Des étiologies variées peuvent en être à l’origine, des dermatoses inflammatoires ou infectieuses aux pathologies psychiatriques, en passant par les troubles métaboliques ou le cancer. Son mécanisme exact n’est pas parfaitement élucidé, mais il semble être le résultat d’interactions complexes entre la peau, les médiateurs périphériques (histamine, neuropeptides, prostaglandines), les récepteurs et le système nerveux central.

Récemment, une étude allemande suggérait des différences entre les femmes et les hommes dans la présentation du prurit : les femmes auraient des prurits plus sévères, perturbant plus gravement leur qualité de vie et à l’origine de lésions de grattage plus fréquentes. Pour en savoir plus, une équipe états-unienne a analysé les données des patients consultant pour un prurit dans un centre de soins tertiaires. Ces données étaient mises en parallèle avec celles de registres nationaux.

Sur les 18 753 patients vus pour un prurit dans ce centre de soins, les femmes sont en effet en nombre important, en comparaison avec le pourcentage de femmes consultant dans la population générale (66 % vs 54 %), ce qui n’est pas le cas pour les hommes (31 % vs 45 %). Les diagnostics posés après l’exploration du prurit sont différents dans la population féminine. Le prurit chez les femmes est en effet plus souvent en rapport avec une maladie auto-immune, une urticaire ou une maladie sexuellement transmissible, en comparaison avec les hommes, et moins souvent en rapport avec une néphropathie, une hépatopathie, des dermatophytes ou un prurigo nodulaire. Notons que certaines de ces différences reflètent l’épidémiologie de ces maladies : les pathologies auto-immunes et l’urticaire sont plus fréquentes chez les femmes, alors que ces dernières progressent plus lentement que les hommes vers les stades terminaux de l’insuffisance rénale.

L’analyse des données montre que la prévalence des comorbidités psychiatriques est plus fréquente chez les patients souffrant de prurit que dans la population générale, qu’ils soient hommes ou femmes (troubles bipolaires, trouble obsessionnel compulsif, dépression, anxiété généralisée). Mais ces comorbidités psychiatriques sont plus souvent présentes chez les femmes que chez les hommes (OR 1,2-1,8).
Les auteurs estiment que l’étude des spécificités du prurit selon le genre pourrait permettre de progresser dans la connaissance de ses mécanismes physiopathologiques.

Dr Roseline Péluchon

Whang K.A. et coll. : Racial and Gender Differences in the Presentation of Pruritus. Medicines 2019, Sep 27 ;6(4)

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