Le numérique au secours de la psycho-oncologie

Spécialités :
Oncologie
Mots clefs :
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Les cancers, notamment gynécologiques, et leur traitement ont un impact individuel particulièrement lourd. Celui-ci s’exprime sur le plan physique, psychologique et psychosocial pour aboutir à une altération souvent sévère de la qualité de vie. De fait une patiente sur trois va développer un état de détresse induit par la maladie ou d’autres syndromes, notamment de type anxio-dépressif, qui nécessitent une prise en charge psycho-oncologique. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que, dans les recommandations nationales et internationales actuelles, figure la détection et la prise en charge aussi précoces que possible de ces troubles.

Des outils de dépistage appropriés sont utilisés pour répondre à ces objectifs, en évaluant le niveau de détresse. Diverses interventions psycho-oncologiques ont également été développées, mais avec des bénéfices qui sont majoritairement faibles ou nuls, notamment à long terme. Il y a donc mieux à faire et il semble que ces interventions ne devraient pas être prédéfinies et impersonnelles. De fait, elles mériteraient d’être adaptées aux besoins et à la demande de chaque patiente dans le but d’augmenter son bien-être, en tenant compte de ses préférences et aussi d’autres variables plus objectives, comme l’âge, le mode de vie, la résidence en milieu rural ou urbain, la profession ou encore les activités de la vie quotidienne.

A cet égard, un nombre croissant d’études s’est attaché à évaluer l’impact des applications de la e-santé sur la prise en charge psycho-oncologique. Dans une étude transversale, des malades ont été recrutées par le biais d’une enquête électronique en ligne, diligentée par diverses plateformes dédiées aux patients ou des réseaux constitués de ces derniers hospitalisés ou non, ce travail étant coordonné par l’hôpital universitaire de Tuebingen (Allemagne). Les variables suivantes ont été systématiquement prises en compte : paramètres démographiques, préférences pour la e–santé et la prise en charge psycho-oncologique, retentissement de la maladie en termes de détresse psychologique et besoin de soutien psychosocial.

Sur les 1 172 patientes qui ont répondu à l’enquête, 716 ont finalement été incluses dans l’étude. L’attrait le plus fort pour les contenus psycho-oncologiques a été relié aux variables suivantes : anxiété, besoin d’adaptation, qualité de vie, troubles dépressifs et ajustement à un nouveau style de vie. Les applications de la e-santé suivantes ont été jugées appropriées à la transmission des contenus traitant du sujet : applications basées sur le Web, sites Web, blogs, informations transmises par e-mail et consultations en ligne. La détresse psychologique n’a pas eu d’effet significatif sur les préférences exprimées par les patientes, qu’elles concernent le contenu psycho-oncologique ou les applications relevant de la e-santé.

En bref, il semble bien que les applications psycho-oncologiques de la e-santé puissent apporter des bénéfices aux patientes atteintes d’un cancer, notamment quand elles portent sur des sujets spécifiques comme l’anxiété, la faculté d’adaptation, les troubles dépressifs, l’estime de soi ou encore l’ajustement à un nouveau style de vie. Ces applications constituent un moyen prometteur qui est à même d’améliorer la prise en charge psychosociale au travers d’un engagement personnel qui s’en trouve ainsi renforcé, ce qui constitue un gage supplémentaire d’efficacité à long terme.

Dr Philippe TellierRingwald J et coll. Demands and Needs for Psycho-Oncological eHealth Interventions in Women With Cancer: Cross-Sectional Study. JMIR Cancer 2017 ; 3 :e19.

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