Le miracle morning, ça marche aussi pour le cancer du sein

Oncologie - Immunologie

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C’est bien connu, certains sont plutôt du type « « alouette et se lèvent de bonne heure, tandis que d’autres sont plutôt « « hiboux  et ont tendance à se lever tard. Le miracle morning, dont les avantages ont été vantés dans de nombreux media, a peut-être fait des adeptes qui trouveront ici une raison supplémentaire de se réjouir de leur nouveau rythme de vie. Car se lever tôt pourrait bien avoir une influence sur le risque de cancer du sein, si l’on en croit une étude récente parue en prépublication.
L’étude a inclus plus de 250 000 femmes et avait pour objectif de préciser les facteurs en lien avec le sommeil qui influencent le risque de cancer du sein. De nombreux travaux ont déjà montré que le travail posté était un facteur de risque de cancer du sein. Un sommeil perturbé et l’exposition nocturne à la lumière ont été proposés comme possibles mécanismes, mais l’on sait peu de choses sur l’impact des troubles du sommeil, de sa durée ou encore de celui du chronotype (matin/soir) sur ce risque.
RC Richmond et coll. ont utilisé la méthode en régression multivariable associée à une randomisation mendélienne qui s’appuie sur les variants génétiques associés ici au chronotype, à la durée du sommeil et aux symptômes d’insomnie. Ce type de randomisation permet de préciser les liens de cause à effet entre différents facteurs et un risque de maladie, en s’aidant  de la génétique et donc en éliminant un grand nombre de facteurs confondants et d’erreurs de mesure.

Une réduction du risque démontrée

Les chronotypes « alouette » peuvent se réjouir, puisqu’il apparaît qu’être plutôt du matin réduit le risque de cancer du sein selon la randomisation mendélienne (HR : 0,85 ; IC95 % :  0,70 à 1,03). Si la prolongation de la durée du sommeil ne semble pas avoir d’impact selon la méthode en régression multivariable, la randomisation mandélienne constate que chaque heure supplémentaire de sommeil augmenterait de 19 % le risque de cancer du sein. En revanche, aucun argument ne permet de dire que les symptômes d’insomnie ont une influence sur le risque.
D’autres travaux seront toutefois nécessaires pour déterminer par quel médiateur le lever tôt influencerait positivement le risque de cancer du sein. Plusieurs hypothèses sont avancées, immunologique, moléculaire, neuroendocrine ou métabolique. Aucune d’elle n’a encore fait la preuve de sa responsabilité.
Reste que vous n’êtes pas obligé(e) de savoir « comment ça marche » pour commencer dès demain matin à vous lever de bonne heure…

Dr Roseline Péluchon

Richmond RC et coll. : Investigating causal relationships between sleep traits and risk of breast cancer: a mendelian randomization study. BioRxiv. doi: https://doi.org/10.1101/457572