Le cancer du poumon chez la femme jeune : une étude descriptive en Suède

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Oncologie
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Le cancer du poumon est l’une destumeurs malignes les plus répandues à l’échelon mondial. C’est aussi lapremière cause de mortalité imputable à ces dernières au sein de l’UnionEuropéenne. Parmi les facteurs environnementaux qui favorisent sa survenue, figurenten premier lieu le tabagisme et la pollution atmosphérique dont les effetsconcernent d’abord le sujet âgé. L’âge moyen auquel ce cancer est diagnostiquéest d’environ 70 ans, car il faut des décennies pour que le tabagismeexerce pleinement ses ravages. Si l’homme a longtemps été le premier touché, latendance s’inverse, avec désormais une augmentation progressive de l’incidencede ce cancer chez la femme, de plus en plus exposée aux facteurs de risqueenvironnementaux. Les lignes bougent cependant au fil du temps.

En Suède, la prévalence du tabagismechronique à l’échelon national a nettement diminué, puisqu’elle est de l’ordrede 8,7 %, ce qui est le chiffre le plus bas au sein de l’Union Européenne.Cependant, les femmes suédoises fument davantage que les hommes, notammententre 30 et 44 ans : les proportions étant de 8 % versus 5 %. Et la différence secreuse encore chez les sujets plus jeunes : à 15 ans, les chiffrescorrespondants sont respectivement de 12 % et 8 %. Ces tendancesexpliquent que l’incidence du cancer du poumon et sa mortalité augmentent plusdans le sexe féminin, l’âge au moment du diagnostic tendant, pour sa part, àdiminuer, plus que dans le sexe masculin. Le propos est illustré par une étudetransversale suédoise qui relève de l’épidémiologie purement descriptive etattire l’attention sur les particularités d’un tel cancer diagnostiqué chez desfemmes âgées de moins de 50 ans.

Tabagisme actif ou passif dans plus de 70 % des cas

La cohorte initiale, constituée entre1997 et 2015, se composait de 1 159 femmes relevant de cettepathologie récemment identifiée et résidant dans le sud du pays. Lesparticipantes ont répondu à des questionnaires qui portaient sur leur mode devie, ainsi que sur leurs antécédents médicaux personnels et familiaux. Soixante-dixfemmes (6 %) étaient âgées de moins de 50 ans. La plupart d’entreelles (n=49, 70 %) étaient dans la tranche d’âge 45-50 ans et huit(11,4 %) étaient âgées de moins de 40 ans.

Sur le plan histologique, c’est l’adénocarcinomequi dominait (n = 33, 47,1 %), loin devant les tumeurs carcinoïdes(n=9 ; 12,9 %). Dans la plupart des cas, il existait un tabagismeactif ou passif (n=54, 77,1 %), et l’absence d’exposition à ces deuxformes de tabagisme ne concernait de fait que deux participantes (2,9 %).Douze participantes (17,1 %) n’avaient jamais fumé. Plus d’une fois surtrois (n=24 ; 34,3 %) a été retrouvée une exposition fréquente auxrayons X. Dans 78,6 % des cas, il existait des antécédents familiaux decancer, chez au moins un des apparentés et, plus d’une fois sur quatre(25,7 %), il s’agissait plus précisément d’un cancer du poumon.

En bref, cette tumeur maligne resterelativement rare chez la femme jeune. C’est l’exposition au tabac quiconstitue de loin le facteur de risque principal, même chez les femmes quin’ont jamais fumé, probablement au travers du tabagisme passif. La mesurepréventive la plus logique dans ce contexte est d’éviter l’exposition à cefacteur de risque, que ce soit sous sa forme passive ou active.  

Dr Philippe Tellier

FritzI et coll. Lung cancer in young women in southern Sweden: A descriptive study.Clin Respir J. 2018 ; 12 : 1565-1571.