L’alopécie féminine altère la qualité de vie

Spécialités :
Dermatologie
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L’alopécie toucherait environ 12 % des femmes de 30 ans et 30 à 40 % des celles de 60 à 69 ans. Le diagnostic étiologique est souvent difficile et nécessite une anamnèse complète, un examen clinique, des examens au laboratoire et parfois une biopsie du cuir chevelu. La cause la plus fréquente de la chute de cheveux chez la femme est l’alopécie dite androgénétique, bien que sa relation avec les androgènes et l’hérédité ne soit pas claire pour toutes les femmes, particulièrement dans les formes tardives.

Si l’alopécie est un problème médicalement bénin, elle peut avoir un effet dévastateur sur l’estime de soi, l’image de soi et la qualité de vie des patientes. Car au fil du temps, la chevelure est devenue, non plus seulement un symbole de beauté, de jeunesse et de bonne santé, mais aussi de féminité et peut être pour certaines, un facteur d’estime de soi, voire d’identité.

Une équipe états-unienne publie une revue de la littérature sur le sujet. L’objectif était d’évaluer l’impact de l’alopécie sur la qualité de vie et de décrire la multiplicité des sentiments et des émotions qui y sont associées. De nombreux travaux ont été publiés sur cette question et il semble essentiel que les praticiens intègrent dans leur prise en charge les troubles psychologiques engendrés par l’alopécie.

 

Une altération des fonctions sexuelles

Car cette revue de la littérature confirme que l’alopécie a un impact significatif sur la qualité de vie au quotidien et sur la vie sociale des patientes. Une grande majorité des femmes interrogées déclarent que leur problème de cheveux a détérioré leur estime de soi et perturbé leur vie sociale. Les échelles d’évaluation utilisées montrent une dégradation de l’image corporelle et une perte de confiance en soi depuis que le diagnostic a été porté. Une étude cas-témoin montre aussi une altération des fonctions sexuelles. Des dépressions et de l’anxiété peuvent se manifester et plus particulièrement chez les patientes atteintes d’alopécie cicatricielle et chez les plus jeunes.

De nombreuses stratégies sont utilisées pour masquer l’alopécie. Les femmes recouvrent les zones atteintes par les cheveux des zones voisines, portent des chapeaux ou utilisent des produits cosmétiques pour camoufler leur alopécie. Les enquêtes relèvent aussi des conduites d’évitement : elles évitent de sortir les jours de grand vent ou les environnements fortement éclairés, qui pourraient attirer l’attention sur leurs cheveux. Dans l’idée d’améliorer leur estime de soi et leur aspect physique qu’elles jugent dégradé, certaines mettent en place des mesures de compensation, comme faire du sport ou acheter des vêtements coûteux.

Ce travail montre que, si l’alopécie est tenue pour une affection bénigne, le diagnostic et la prise en charge doivent être adaptés. A côté du traitement médical, la prise en charge cosmétique, les techniques de camouflage, voire la participation à des groupes de support sont nécessaires pour répondre aux diverses composantes des effets de l’alopécie sur la santé des patientes.

Dr Roseline Péluchon

Davis D.S. et coll. : Review of quality of life studies in women with alopecia. International Journal of Women’s Dermatology 4 (2018) 18–22