La pubalgie, une plainte rare chez les femmes

La pubalgie, une plainte rare chez les femmes

La pubalgie est une plainte beaucoup plus rare chez la femme que chez l’homme. La « pubalgie féminine » ne compterait que pour 5 à 15 % de l’ensemble des diagnostics de pubalgies et n’est qu’exceptionnellement traitée dans la littérature. C’est ce qui fait tout l’intérêt d’un article récemment publié par une équipe américaine. Il s’agit d’une série de 197 cas de pubalgies, relevés entre 2013 et 2016, parmi lesquels 18 sont survenus chez des femmes. Les femmes étaient adressées par plusieurs types de professionnels : des entraîneurs sportifs ou des kinésithérapeutes, comme c’est souvent le cas pour les hommes, ou bien par des gynécologues, ce qui n’est pas surprenant, le type des douleurs pouvant laisser penser à une origine gynécologique. Dix-sept de ces patientes, âgées de 17 à 64 ans, ont fait l’objet d’une analyse.
Les symptômes les plus fréquents ayant motivé la consultation étaient une douleur abdominale, une sensation de brûlure pelvienne ou pubienne, de tiraillement ou de douleur au niveau des adducteurs. Les douleurs étaient apparues entre 1 et 12 ans avant la consultation. La moitié des patientes présentaient une atteinte de la plaque aponévrotique du grand droit ou une pubalgie athlétique pure. Chez les autres, l’atteinte aponévrotique était associée à une hernie inguinale, obturatrice ou fémorale.

Peu d’athlètes de haut niveau

Ces patientes, n’ayant pas répondu au repos et à la kinésithérapie, ont été traitées chirurgicalement, selon les données de l’IRM. Les pubalgies ont été réparées à ciel ouvert, les hernies aussi quand cette technique était possible, ou par cœlioscopie. Près de 9 femmes sur 10 ont estimé que l’intervention était un succès, ce que confirme l’évolution des données de l’échelle d’évaluation de la douleur (cotée de 0 à 10). En effet, la douleur moyenne avant intervention était de 7,82 ± 1,7 pour l’ensemble des patientes et de 7,94 ± 1,3 pour celles qui avaient une pubalgie athlétique. Un an après la chirurgie, la douleur moyenne était de 1,76 ± 2,3 pour l’ensemble des patientes et de 0,56 ± 0,8 en cas de pubalgie athlétique.  
Les auteurs remarquent, pour finir, que les résultats de cette étude contredisent la théorie selon laquelle la pubalgie est une pathologie réservée aux athlètes de haut niveau. En effet, dans cette série, 1 femme sur 3 pratiquait un sport de loisir ou n’en pratiquait pas du tout.

Dr Roseline Péluchon

Zoland M.P. et coll.  Sports hernia/athletic pubalgia among women. Orthop Sports Med 2018 ; 6(9) : 2325967118796494

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