Hépatite B et aide à la procréation : de l’ADN viral dans le liquide folliculaire change-t-il la donne ?

Hépatite B et aide à la procréation : de l’ADN viral dans le liquide folliculaire change-t-il la donne ?
La prévalence d’infection par le VHB chez les femmes éligibles aux traitements contre l’infertilité est de 10%. Quel est l’influence de la présence de l’ADN viral du VHB dans le liquide folliculaire sur les résultats du traitement d’aide à la procréation ?

L’infection chronique par le virus de l’hépatite B est endémique partout dans le monde. Mais sa prévalence et particulièrement élevée dans les régions d’Asie-Pacifique et chez les immigrants venant de ces régions. Des bilans réalisés chez des femmes en attente de prise en charge pour infertilité donnent une prévalence de 8 à 10 % de l’infection chronique. Malgré cette prévalence élevée, l’impact de l’hépatite virale B chronique sur les résultats des traitements de fertilité n’a pas encore été établi. Peu de travaux y ont été consacrés et leurs résultats sont contradictoires.

Une étude menée à Hong-Kong fournit des informations intéressantes. Au total, 64 femmes porteuses du virus de l’hépatite B et en attente de FIV (fécondation in vitro) ou d’ICSI (injection intracytoplasmique de spermatozoïdes), ont été recrutées. De l’ADN viral est détecté dans le liquide folliculaire chez 44 % d’entre elles. L’objectif de l’étude était de déterminer si cette présence de l’ADN viral dans le liquide folliculaire a une influence sur le résultat du traitement d’aide à la procréation.

Il apparaît en premier lieu que les femmes chez lesquelles de l’ADN viral est présent dans le liquide folliculaire ont quelques différences, mineures mais significatives, avec les autres patientes. Bien que généralement plus jeunes, elles ont des antécédents plus anciens d’infertilité, sans qu’il y ait toutefois de différence dans l’incidence de l’infertilité primaire ou secondaire, ni dans les causes de l’infertilité. Ces patientes ont aussi plus souvent de l’ADN viral détecté dans le sérum, ce qui suggère que leur hépatite est plus active et peut présenter un risque supérieur pour le personnel de prélèvement.

Mais cela ne semble pas influencer négativement la prise en charge puisque les patientes de ce groupe ont un taux légèrement supérieur d’ovocytes totaux et d’ovocytes fertilisés par FIV et par ICSI. Mais, si les résultats montrent un taux de grossesses/naissances par cycle initié presque doublé en comparaison de l’autre groupe (60,7 % vs 38,9 %), le faible nombre de participantes ne permet pas à ce résultat d’atteindre la significativité statistique.

Cette étude tend à démontrer que la présence d’ADN viral dans le liquide folliculaire n’est pas un obstacle à la réussite d’une FIV/ICSI. Reste toutefois à déterminer si cela peut  modifier le risque de transmission verticale du virus et la prise en charge du nouveau-né.

Dr Roseline Péluchon

Mak J.S.M. et coll. : Presence of Hepatitis B virus DNA in follicular fluid in female Hepatitis B carriers and outcome of IVF/ICSI treatment: A prospective observational study. European Journal of Obstetrics & Gynecology and Reproductive Biology 2019; 239: 11–15

25/6/2019
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