Femmes physiquement actives ou sédentaires : le microbiote n’est pas le même

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Environnement - Mode de vie - Société
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L’activité physique est désormais considérée comme une arme thérapeutique à part entière, capable de prévenir, voire de traiter de nombreuses affections chronique. Parmi les mécanismes susceptibles de sous-tendre les effets bénéfiques de l’exercice, une modification du microbiote a été proposée, la composition de ce dernier étant elle-même très étudiée dans de nombreuses pathologies. Une équipe espagnole a conduit à cet égard un travail afin d’examiner plus précisément les conséquences d’une activité physique sur la flore intestinale. Pour ce faire, ils ont enrôlé 40 femmes non ménopausées de même indice de masse corporelle (entre 20 et 25 kg/m2) soit un groupe de 21 sédentaires, c’est-à-dire qui se dépensaient moins que le minimum requis par l’OMS (3 fois 30 minutes par semaine d’activité d’intensité moyenne) et un autre de 19 femmes qui, a contrario, effectuaient au moins 3 heures d’exercice physique par semaine.

Le choix de cette population a été fait de façon à contrôler les autres facteurs pouvant également modifier le microbiote, comme le statut hormonal ou le sexe.

Chez toutes les participantes, une mesure de l’activité a été faite par actimétrie, pendant 7 jours (dont les 2 jours de weekend) ; la composition corporelle a été évaluée par absorptiométrie. L’analyse de la composition du microbiote a été réalisée à partir des échantillons de selles, grâce au séquençage de l’ARN ribosomique 16s. L’exercice physique n’était pas associé à une richesse et une diversité particulières de la flore. En revanche, 11 genres étaient différents selon que les femmes étaient actives ou non. L’analyse par PCR quantitative a pu révéler que plusieurs espèces bactériennes réputées pour être associées à une meilleure santé étaient plus abondantes chez les sportives, incluant Faecalibacterium prausnitzii, Roseburia hominis et Akkermansia muciniphila. En outre, le pourcentage de graisse corporelle, la masse musculaire et l’activité physique étaient corrélées avec plusieurs populations bactériennes.

C. Bressa et coll. ont ainsi montré, pour la première fois, l’interdépendance existant entre certaines bactéries intestinales et la sédentarité. Ce n’est en effet pas seulement la quantité d’exercice physique effectué ainsi que son type qui semble jouer un rôle, mais aussi la rupture avec un mode de vie sédentaire, qui influencerait la composition du microbiote, par l’évitement de longues périodes d’inactivité.

Dr Louise Guisgand

Bressa C. et coll. Differences in gut microbiota profile between women with active lifestype and sedentary women. PLoS 2017 ; 12(2):e0171352. doi: 10.1371/journal.pone.0171352. eCollection 2017.