Femmes et hommes ne seraient pas égaux devant les douleurs neuropathiques du diabète

Femmes et hommes ne seraient pas égaux devant les douleurs neuropathiques du diabète

Les douleurs neuropathiques sont une complication fréquente du diabète de type 2. Leur prévalence au cours de la vie d’un diabétique de type 2 est estimée à environ 50 %. Des données récentes suggèrent qu’un déficit en vitamine D pourrait être associé au risque de douleurs neuropathiques.
Pour examiner ce point, une équipe jordanienne a mené une étude transversale enrôlant 239 patients atteints d’un diabète de type 2. Le taux de 25-OH vitamine D était mesuré, ainsi que la glycémie à jeun et l’hémoglobine glyquée. Le score de douleur neuropathique était évalué par le questionnaire PainDETECT, sur une échelle de 0 à 38.

Dans cette cohorte, la prévalence des douleurs neuropathiques est de 26,8 %. Un déficit en vitamine D est retrouvé chez 67,8 % des participants. Il est intéressant de noter une différence des scores de la douleur entre les hommes et les femmes, supérieurs chez ces dernières : 76,6 % des participants dont le score est égal ou supérieur à 19 sont des femmes. En revanche, il n’apparaît pas de différence significative des taux de vitamine D selon le genre, ni d’ailleurs selon l’existence ou non d’une neuropathie.

Après analyse en régression logistique, le seul élément prédictif des douleurs neuropathiques est le sexe féminin (OR 2,45 ; 95 % CI 1,29 à 4,67). L’âge, l’indice de masse corporelle, le tabagisme, la durée d’évolution du diabète, les taux d’hémoglobine glyquée ou les valeurs de la pression artérielle ne semblent pas être des éléments prédictifs du moins dans cette série).  

Notons que, dans cette étude, les douleurs neuropathiques ne sont pas évaluées par l’examen clinique mais par un auto-questionnaire.

Les auteurs recommandent que d’autres travaux soient menés afin de reconsidérer le lien entre les douleurs neuropathiques et le taux sérique de 25-OH vitamine D en fonction de la méthode d’évaluation de la douleur utilisée. Cela pourrait expliquer les résultats contradictoires obtenus jusqu’à présent. La confirmation et l’explication de la différence de risque selon le sexe mériterait aussi de faire l’objet d’explorations complémentaires.


Dr Roseline Péluchon

Alkhatatbeh M. et coll. : Neuropathic pain is not associated with

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