FA et insuffisance cardiaque : les femmes auraient un risque d’événements cardiovasculaires plus élevé

Spécialités :
Cardiovasculaire
Mots clefs :
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Il est désormais établi que la fibrillation atriale (FA) est associée à un risque accru d’événements adverses chez les patients qui ont une insuffisance cardiaque à fraction d’éjection ventriculaire gauche préservée. On ignore toutefois si le genre des patients a une influence sur la survenue des différents événements.

W.T. O’Neal et coll. ont tenté d’en savoir plus en s’appuyant sur les données de 3 385 patients (d’âge moyen 69±9,6 ans ; hommes : 49 %) inclus dans TOPCAT (Treatment of Preserved Cardiac Function Heart Failure With an Aldosterone Antagonist), essai international, multicentrique, randomisé, en double aveugle, contrôlé contre placebo qui avait pour but d’évaluer l’efficacité d’un antagoniste de l’aldostérone chez des patients présentant une insuffisance cardiaque à fraction d’éjection ventriculaire gauche préservée.

Avec un suivi moyen de 3,4 ans, la FA s’est trouvée associée globalement, pour l’ensemble des patients étudiés, à une augmentation significative du risque d’hospitalisation (hazard ratio [HR]=1,49 ; intervalle de confiance [IC] à 95 % : 1,34 à 1,66), d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque (HR=1,49 ; IC95 % : 1,23 à 1,81), d’accident vasculaire cérébral (HR=2,10 ; IC95 % : 1,43 à 2,09), de décès (HR=1,22 ; IC95 % : 1,02 à 1,47) et de décès d’origine cardiovasculaire (HR=1,31 ; IC95 % : 1,04 à 1,65).

Seul le risque d’hospitalisation a été significativement et plus fortement associé à la FA chez les femmes (HR=1,63 ; IC95 % : 1,40 à 1,91) que chez les hommes (HR=1,37 ; IC95 % : 1,18 à 1,58); p pour l’interaction =0,032). Cependant, bien qu’aucune autre interaction significative n’ait été observée pour les autres événements cardiovasculaires, le risque de leur survenue a eu constamment tendance à être plus élevé chez les femmes que chez les hommes.

En conclusion, la FA augmente le risque d’événements secondaires cardiovasculaires chez les patients qui ont une insuffisance cardiaque à fraction d’éjection ventriculaire gauche préservée. Il est possible que ce risque soit plus élevé chez les femmes que chez les hommes.

Dr Robert Haïat

O’Neal WT et coll.  Gender differences in the risk of adverse outcomes in patients with atrial fibrillation and heart failure with preserved ejection fraction. Am J Cardiol 2017 ; 119 : 1785-1790.