Diabète de type 1 : les filles ont une moins bonne qualité de vie

Diabète de type 1 : les filles ont une moins bonne qualité de vie
Facteur déterminant pour l’efficacité du traitement, la qualité de vie des enfants diabétiques interpellent de plus en plus les praticiens. Mais quels sont les liens entre qualité de vie, démographie et facteurs cliniques ?

Le diabète de type 1 est l’une des maladies chroniques les plus fréquemment rencontrées chez l’enfant comme chez l’adolescent. Son traitement combine l’insulinothérapie, la surveillance de la glycémie et le respect de règles hygiéno-diététiques plutôt strictes. Autant de contraintes qui ne sont pas accueillies avec enthousiasme par des sujets jeunes au point d’obérer leur qualité de vie liée à la santé (QVS), voire de compromettre l’efficacité de la prise en charge à des moments particulièrement critiques tels que la puberté. Selon de nombreuses études, plusieurs facteurs tant cliniques que démographiques seraient corrélés à la QVS au cours du diabète de type 1 et parmi ceux-ci, le genre semble jouer un rôle significatif.
C’est ce suggèrent les résultats d’une étude dans laquelle ont été inclus 197 enfants ou adolescents des deux sexes (âge moyen=13,9±2,33 ans), tous atteints d’un diabète de type 1 évoluant depuis au moins un an. Le traitement était principalement administré par pompe à insuline. L’évaluation de la QVS a reposé sur un questionnaire spécifique, en l’occurrence le PedsQL Diabetes Module 3.0 Questionnaire.

Le genre : un facteur indépendant

Des scores significativement plus élevés ont été obtenus chez les garçons selon le PedsQL total, soit 70,8±11,91 versus 62,4±13,91 chez les filles (p<0,001). Il en a été de même pour la plupart des sous-échelles de ce score. Par ailleurs, une relation inverse a été mise en évidence entre la QVS ainsi évaluée et les concentrations d’HbA1c ainsi qu’avec le rapport taille/hanches et la fréquence des épisodes d’hypoglycémie. Cependant, la QVS était globalement meilleure chez les garçons, indépendamment de la qualité du contrôle glycémique, de la répartition habituelle du tissu adipeux et de la fréquence des épisodes d’hyperglycémie.
Cette étude suggère donc que le sexe féminin est un facteur indépendant, susceptible d’affecter négativement la QVS chez l’enfant ou l’adolescent atteint d’un diabète de type 1. Parmi les autres facteurs jouant un rôle similaire figurent la qualité médiocre du contrôle glycémique, la distribution centrale du tissu adipeux et la fréquence des épisodes d’hyperglycémie.

Dr Philippe Tellier

Dłużniak-Gołaska K et coll. May gender influence the quality of life in children and adolescents with type 1 diabetes? Patient Prefer Adherence. 2019 ; 13 : 1589-1597.

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