Des premières règles d’apparition plus précoce

Des premières règles d’apparition plus précoce
La précocité croissante de la puberté constitue un problème potentiel car elle a été présentée comme un indicateur du risque de diverses maladies. Cette notion fait tout l’intérêt d’une étude de cohorte longitudinale.

Les données épidémiologiques actuelles révèlent que, au cours du siècle dernier, l’âge des premières règles, marqueur classique du développement pubertaire, a diminué en Europe et aux Etats-Unis. En revanche, il n’est pas certain que cette tendance se poursuive. Il semble en être de même pour la puberté chez les garçons, mais avec moins de certitude. Les facteurs qui expliquent cette évolution sont probablement à la fois sociaux et environnementaux, dans la mesure où le substratum génétique apparaît relativement stable. Or la précocité croissante de la puberté constitue un problème potentiel car elle a été présentée comme un indicateur du risque de diverses maladies de l’âge adulte, telles que l’obésité, le diabète, diverses cardiopathies, voire le cancer du sein et du testicule, à titre d’exemples.
Cette notion fait tout l’intérêt d’une étude de cohorte longitudinale, réalisée au Danemark, dans laquelle ont été inclus 22 439 filles et garçons nés entre 2000 et 2003. Au total, 14 759 d’entre eux ont donné des informations sur les manifestations associées à la puberté, tous les 6 mois, à partir de l’âge de 11,5 ans et pendant toute la période pubertaire. Il va sans dire que le début tardif du suivi limite quelque peu l’estimation précise de l’âge auquel a réellement débuté la puberté sans pour autant interdire l’accès à d’autres événements marquants qui lui succèdent, en l’occurrence : ménarche, modifications de la voix, première éjaculation de sperme, stades de Tanner prenant en compte la pilosité pubienne ainsi que le développement mammaire ou génital. L’âge moyen auquel sont survenus chacun de ces jalons pubertaires a ainsi pu être estimé et la différence d’âge de la ménarche chez les mères et les filles a également été calculée.

Une tendance séculaire

Chez les garçons, la mue a été observée à l’âge de 13,1 ans (IC95 % :13,0-13,1). La première éjaculation est survenue à l’âge de 13,4 ans (13,3-13,4), alors que le stade G5 de Tanner a été constaté à l’âge de 15,6 ans (15,5-15,6). Chez les filles, l’âge de la ménarche a été estimé à 13 ans (13,0-13,1), alors que le stade 5S de Tanner a été observé à l’âge de 15,8 ans (15,7-15,9). Chez les mères, les premières règles étaient survenues en moyenne 3,6 mois (3,1-4,2) plus tard que chez leurs filles.
Ces données, dans leur ensemble, confirment la tendance séculaire actuelle : l’âge de la ménarche est plus précoce qu’auparavant et il en va de même pour les autres marqueurs du développement pubertaire, y compris chez les garçons.

Dr Philippe Tellier

Brix N et coll. Timing of puberty in boys and girls: A population-based study. Paediatr Perinat Epidemiol 2018. Publication avancée en ligne le 11 octobre. doi: 10.1111/ppe.12507.

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