Dépistage systématique de la prédisposition génétique aux cancers du sein

Dépistage systématique de la prédisposition génétique aux cancers du sein
Le risque de cancers du sein et de l’ovaire héréditaires existe, même en l’absence d’antécédents familiaux de CSOH et il s’agit là d’un argument en faveur de l’étendue des indications du dépistage des mutations des gènes...

Les cancers du sein et de l’ovaire héréditaires (CSOH) sont peu fréquents, mais ont un impact lourd sur le pronostic vital en l’absence de prise en charge précoce. L’objectif du dépistage génétique est de détecter les gènes prédisposants, tels BRCA1 et BRCA2. Il est ainsi possible de fournir une information prédictive aux femmes atteintes de ce cancer au stade symptomatique, mais aussi d’identifier leurs parentes asymptomatiques, néanmoins porteuses des variants géniques pathogènes. Le risque existe, même en l’absence d’antécédents familiaux de CSOH et il s’agit là d’un argument en faveur de l’étendue des indications du dépistage des mutations des gènes BRCA1 ou BRCA2 au sein de la lignée germinale. Leur recherche au sein de la population générale pourrait même être envisagée, afin de détecter le plus précocement possible les familles à haut risque, ce que ne permet pas le dépistage actuel considéré comme sous-optimal.

Une cohorte de plus de 5 000 femmes asymptomatiques sans risque particulier

L’intérêt d’une telle approche est souligné par les résultats d’une étude de cohorte australienne dans laquelle ont été incluses 5 908 femmes en bonne santé apparente, sans risque particulier notamment pour ce qui est des cancers de l’ovaire ou du sein. Un panel de séquençage de 11 gènes a été utilisé pour rechercher des variants associés à un risque élevé de ces cancers. En cas de résultats positifs, les participantes ont été dirigées vers un centre spécialisé dans la prise en charge des cancers familiaux afin de confirmer le diagnostic et de les faire bénéficier d’un conseil génétique.
Au total, des mutations pathogènes et cliniquement significatives ont été détectées chez 38 femmes, soit une prévalence de 0,64 %. Dans 42 % des cas, chez les participantes concernées, il n’existait aucun antécédent de cancers du sein ou de l’ovaire chez les parentes au premier degré. La majorité d’entre elles (89 %) a accepté de consulter au sein d’un centre spécialisé dans la prise en charge des cancers familiaux. Treize femmes ont été considérées comme des candidates potentielles à une chirurgie ablative préventive, une option retenue par six d’entre elles (46 %). Un dépistage génétique en cascade a été effectué chez en moyenne 3,3 membres de la famille de chaque participante concernée.
Au sein de cette cohorte conséquente, regroupant plus de 5 000 femmes représentatives de la population générale, le dépistage génétique a été bien accepté. Chez la majorité des femmes porteuses des mutations en cause dans les formes héréditaires des cancers du sein ou de l’ovaire, il n’existait aucun antécédent familial orientant vers un tel diagnostic et de facto vers un tel dépistage.

Dr Philippe Tellier

Rowley SM et coll. Population-based genetic testing of asymptomatic women for breast and ovarian cancer susceptibility. Genet Med. 2018. Publication avancée en ligne le 26 septembre. doi: 10.1038/s41436-018-0277-0.

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