Dépistage du cancer du col : le test HPV recommandé en première intention après 30 ans

Dépistage du cancer du col : le test HPV recommandé en première intention après 30 ans
La HAS vient d’actualiser ses recommandations de 2010 sur le dépistage du cancer du col de l’utérus et propose une nouvelle stratégie nationale de dépistage HPV. Quels sont les changements ? Que reste-t-il à améliorer ?

En juillet dernier, la Haute Autorité de santé a actualisé les recommandations sur le dépistage du cancer du col de l’utérus qui dataient de 2010. Elle propose maintenant d’inclure le test HPV (papillomavirus) dans la stratégie nationale de dépistage. Il faut rappeler à cet égard que plus de 3 000 nouveaux cas de cancer du col se déclarent en France chaque année et que l’on comptabilise plus de 1 000 décès annuels dus à ce cancer. Or le taux de dépistage est jugé insuffisant (environ 60 %).
En pratique, entre 25 et 30 ans, le dépistage classique par frottis reste inchangé, que les jeunes femmes aient été ou non vaccinées contre le HPV. Dans cette tranche d’âge, les infections transitoires à papillomavirus sont en effet fréquentes et il a été estimé que leur détection entraînerait plus de prises en charge inappropriées que de bénéfices. En revanche, chez les femmes de plus de 30 ans et jusqu’à 65 ans, le test HPV devrait remplacer l’examen cytologique en première intention car il apparaît beaucoup plus efficace pour détecter un cancer du col de l’utérus. Il présente également d’autres avantages. En effet, si le test est négatif, l’intervalle entre deux prélèvements peut être allongé à 5 ans au lieu de 3 ans. De plus, le test peut aussi se faire par autoprélèvement vaginal. Les femmes pourraient ainsi avoir accès à un kit spécialement destiné à cet usage, ce qui peut être particulièrement intéressant chez celles qui, pour différentes raisons, ne se font pas dépistées ou de façon trop irrégulière. Pour ce faire, des expérimentations concernant l’utilisation de l’autoprélèvement devraient être menées afin d’évaluer son acceptabilité, son efficacité et son efficience.

Quelques points encore à régler

Si cette modification des pratiques souhaitée par la HAS ne peut qu’être saluée, il reste encore quelques points à régler qui ne sont pas sans importance. On peut citer la mise en place d’un système d’assurance-qualité, s’appuyant notamment sur une accréditation des laboratoires de biologie médicale, la nécessité d’une information et d’un accompagnement des femmes et des professionnels de santé, l’évolution de la codification de l’acte de dépistage. Deux aspects apparaissent particulièrement délicats : l’articulation avec le dépistage organisé qui, lui, est piloté par l’Institut national du cancer (INCa) et le remboursement du test HPV par l’Assurance maladie.

Dr Louise Guisgand

D’après un communiqué de presse de la HAS. Juillet 2019.

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