Des décès prématurés bien moins fréquents chez les femmes que chez les hommes

Des décès prématurés bien moins fréquents chez les femmes que chez les hommes
Tumeurs, suicides, maladies cardio-vasculaires : une étude Étude INSERM / INSEE vient de paraître sur l’évolution des causes de décès en France au cours des 16 dernières années…

Chaque année, le Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDC) de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) établit des statistiques nationales des causes médicales de décès en France, en partenariat avec l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) en s’appuyant sur le volet médical des certificats de décès. A partir de ces données, une équipe de l’INSERM conduite par Thierry Boulat a étudié l’évolution de la mortalité en France entre 2000 et 2016. Il s’agit notamment de mettre en évidence des indicateurs et des tendances marquants, potentiellement utiles pour la détermination des priorités de santé publique.

causes de mortalité en France en 2016

Certains des résultats mettent en évidence des différences fortes en fonction du sexe. Ainsi,  notamment, « la mortalité prématurée, globalement de 17 %, est double chez les hommes (22,6 %) par rapport aux femmes (11,3 %) » comme le relève Jean-Claude Desenclos, de Santé publique France (SPF) dans l’éditorial du BEH. Au-delà, « la standardisation, en ramenant les populations masculine et féminine à une distribution par âge fictive identique, a mis en évidence une surmortalité masculine toutes causes de 1,7 ». C’est notamment entre 15 et 24 ans que la différence entre les hommes et les femmes est la plus forte, mais cette dernière qui existe de façon moins sensible durant l’enfance et l’adolescence, reste marquée jusqu’aux âges les plus avancés.

Moins de tumeurs, plus de démences

Parallèlement à cette surmortalité précoce des hommes, les causes de mortalité entre les hommes et les femmes diffèrent. Ainsi, on note que 33 % des décès masculins sont liés à des tumeurs contre 25,1 % chez les femmes. A contrario, les maladies cardiovasculaires sont à l’origine de 26 % des décès de femmes et de 22,5 % des décès d’hommes. Parmi les causes de mortalité qui touchent plus fréquemment les femmes que les hommes, les démences arrivent en tête condamnant 9,7 % des femmes, mais seulement 4,2 % des hommes.
On retrouve également des différences significatives concernant les décès non provoqués par des maladies : ainsi, les décès par accidents sont plus élevés chez les hommes que chez les femmes (14 269 décès en 2016 chez l’homme contre 12 412 chez la femme). Les auteurs relèvent notamment que « les décès par accident de transport étaient à 75 % masculins » ou encore que les décès par chutes accidentelles sont plus fréquents chez les hommes. Des constatations semblables s’imposent en ce qui concerne le suicide : les trois quart des décès par suicide en 2016 concernaient des hommes.

Chaque année, le Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDC) de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) établit des statistiques nationales des causes médicales de décès en France, en partenariat avec l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) en s’appuyant sur le volet médical des certificats de décès. A partir de ces données, une équipe de l’INSERM conduite par Thierry Boulat a étudié l’évolution de la mortalité en France entre 2000 et 2016. Il s’agit notamment de mettre en évidence des indicateurs et des tendances marquants, potentiellement utiles pour la détermination des priorités de santé publique.

Cancers du poumon en hausse nette chez la femme, en recul chez l’homme

A propos de l’évolution depuis 2000, les données mettent en évidence que la cause de mort qui a le plus progressé chez les femmes est le cancer du poumon, des bronches et de la trachée (+ 4,5 % entre 2000 et 2007 et + 2,8 % entre 2008 et 2016), une tendance inverse à celle constatée chez l’homme où cette étiologie a diminué de 0,9 % entre 2000 et 2007 et de 1,7 % entre 2008 et 2016. De la même manière chez la femme, les taux de mortalité liés aux maladies respiratoires chroniques ont progressé de 1,3 % entre 2008 et 2016 (contre -1,3 % chez l’homme). Chez la femme encore, le poids des démences s’est également accru (+1,5 % et +1,1 %), ce qui n’est pas retrouvé de la même façon chez l’homme (+ 0,8 % entre 2000 et 2007, chiffres non disponibles pour la seconde période). Enfin, chez l’homme comme chez la femme, on observe une progression des décès liés au cancer du pancréas, de façon légèrement plus importante chez la femme (+1,9 % entre 2008 et 2016, vs +0,8 % chez l’homme).

L’ensemble de ces données doit permettre d’affiner les stratégies de santé publique.

Aurélie Haroche

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