Davantage de cortisol dans les cheveux des malades atteints de SEP

Davantage de cortisol dans les cheveux des malades atteints de SEP

Une dysfonction de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien a été notée chez les patients atteints de sclérose en plaques (SEP), qui serait associée au développement ou à l’aggravation des symptômes. Il a aussi été montré une activation chronique de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien chez des patients atteints de SEP, avec un taux de cortisol basal élevé dans le liquide céphalorachidien et dans le sang et une augmentation de la réponse aux épreuves de stimulation, mesurée dans la salive. Cependant, tous les travaux ne sont pas concordants.
Une équipe brésilienne a réalisé une étude avec pour objectif d’évaluer les fonctions motrices et comportementales, les capacités de planification, la vitesse de traitement de l’information, et leur relation avec le stress, par la mesure du cortisol dans les cheveux des patients. L’étude a porté sur 40 patients atteints de SEP dont 87,5 % de femmes, qui ont été comparés à 33 adultes en bonne santé.

En faveur de modifications du fonctionnement de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien

La concentration moyenne en cortisol dans les cheveux était effectivement supérieure chez les patients souffrant de SEP, par comparaison avec le groupe témoin (51,20 pg/mg versus 38,91 pg/mg). En revanche, ce taux n’était pas corrélé à la gravité des symptômes. Il n’existait pas non plus de relation entre le taux de cortisol et le stress ressenti. Les données recueillies ont d’ailleurs révélé que les degrés d’anxiété, de dépression et de stress ressentis étaient identiques dans le groupe des patients et chez les sujets témoins.
Sans surprise, les fonctions motrices étaient moins bonnes chez les sujets ayant une SEP. C’était aussi le cas pour les fonctions cognitives. Si les patients atteints de SEP avaient un temps de planification plus court que les témoins dans le « test du zoo », ils commettaient aussi plus d’erreurs et il n’est pas apparu de différence dans la vitesse d’exécution du test dans son entier. Les fonctions cognitives semblaient plus altérées chez les malades qui avaient une invalidité modérée.
Au total, s’il n’apparaît aucune corrélation entre la concentration de cortisol dans les cheveux et les symptômes constatés, ce taux élevé de cortisol capillaire semble confirmer l’existence de modifications du fonctionnement de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien chez les patients atteints de SEP. D’autres études longitudinales pourraient explorer l’impact de la SEP sur les marqueurs neuro-endocriniens. Observée sur une période plus longue, l’évolution des taux de cortisol au fil du temps pourrait apporter un éclairage intéressant.

Dr Roseline Péluchon

Pereira G.M. et coll. Hair cortisol concentration, cognitive, behavioral, and motor impairment in multiple sclerosis. J Neural Transm (Vienna) 2019. Publié en ligne le 27 juin.  doi: 10.1007/s00702-019-02040-w.

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