Confirmation de l’efficacité de la vaccination contre les infections à papillomavirus humain

Confirmation de l’efficacité de la vaccination contre les infections à papillomavirus humain
En 2018, environ 570 000 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus ont été rapportés dans le monde. La quasi-totalité de ces cancers est causée par des papillomavirus (HPV) oncogènes. Face à ces chiffres, peut-on conclure à l’efficacité des vaccins anti-HPV ?

Les papillomavirus (HPV) sont responsables d’infections génitales bénignes (verrues génitales), mais aussi de lésions précancéreuses et de cancers du col de l’utérus, du vagin, de l’anus et de l’oropharynx. Le cancer du col est le plus fréquent parmi les cancers induits par les HPV oncogènes. Il est précédé de lésions précancéreuses (CIN) et il est la conséquence d’une infection persistante par HPV. Le cancer survient le plus souvent plus de 15 ans après l’infection initiale. Les vaccins anti-HPV quadrivalent et nonavalent protègent contre les infections bénignes qui peuvent survenir rapidement après une contamination sexuelle et contre les infections dues aux HPV oncogènes à l’origine de lésions précancéreuses et de cancers de survenue beaucoup plus tardive.

Revue et méta-analyses basées sur 65 articles provenant de 14 pays

Une équipe canadienne de l’Université Laval de Québec (HPV Vaccination Impact Study Group) a publié en juin 2019 la mise à jour d’une revue systématique et des méta-analyses concernant l’impact en population de la vaccination HPV des filles et des femmes.

Jusqu’à 8 ans après l’initiation des programmes de vaccination dans différents pays développés, l’efficacité de ces programmes a été évaluée en se basant sur les risques-relatifs (RR) de pathologies génitales liées à l’HPV avant et après la mise en place de la vaccination. Les méta-analyses ont été faites sur la fréquence des différents génotypes HPV associés aux infections génitales, sur les verrues génitales et les lésions précancéreuses du col les plus proches du cancer, à savoir les néoplasies cervicales intra-épithéliales moyennes et sévères (CIN2+).

Soixante-cinq articles (23 pour l’infection à HPV, 29 pour les verrues génitales, 13 pour les CIN2+)
parus entre février 2014 et octobre 2018, provenant de 14 pays, ont été inclus pour cette revue et les méta-analyses.

Diminution significative des infections à HPV 16, 18, 31, 33 et 45

Après 5 à 8 ans de vaccination, la prévalence des infections à HPV 16 et 18 a diminué de 83 % (RR [risque relatif] = 0,17 ; intervalle de confiance à 95 % [IC95] de 0,11 à 0,25) chez les filles de 13 à 19 ans et de 66 % (RR = 0,34 ; IC95 de 0,23 à 0,49) chez les femmes de 20 à 24 ans.
La prévalence des infections à HPV 31, 33 et 45 a diminué de 54 % (RR = 0,46 ; IC95 de 0,33 à 0,66) chez les filles de 13 à 19 ans attestant d’une protection croisée puisque les vaccins utilisés ne contenaient pas ces génotypes.

Réduction significative des verrues génitales chez les filles et les garçons et des lésions précancéreuses du col

Les diagnostics de verrues génitales ont diminué de 67 % (RR = 0,33 ; IC95 de 0,24 à 0,46) chez les filles de 15 à 19 ans et de 54 % (RR = 0,46 ; IC95 de 0,36 à 0,60) chez les femmes de 20 à 24 ans. Chez les garçons de 15 à 19 ans, les diagnostics de verrues génitales ont diminué de 48 % (RR = 0,52 ; IC95 de 0,37 à 0,75) attestant d’une immunité de groupe puisque les garçons n’étaient pas vaccinés. Les lésions précancéreuses du col CIN2+ ont diminué de 51 % (RR = 0,49 ; IC95 de 0,42 à 0,58) chez les filles de 15 à 19 ans et de 31 % (RR = 0,69 ; IC95 de 0,57 à 0,84) chez les femmes de 20 à 24 ans.

Un retard à combler

Ce sont les programmes vaccinaux incluant les tranches d’âge les plus larges avec vaccinations de rattrapage, et ayant une couverture supérieure à 50 %, qui possèdent les impacts directs et les immunités de groupe les plus élevés. Ces résultats enviables devraient nous faire prendre conscience du retard que nous avons pris pour cette vaccination mal comprise et mal défendue dont la couverture reste extrêmement faible dans notre pays.

Dr Catherine Vicariot.

Mélanie Drolet, Élodie Bénard, Norma Pérez, Marc Brisson, on behalf of the HPV Vaccination Impact Study Group: Population level impact and herd effects following the introduction of human papillomavirus vaccination programmes: updated systematic review and meta-analysis. Lancet 2019. Publication avancée en ligne le 26 juin 2019.

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