Cancer de l’endomètre : plusieurs changements notables en 40 ans

Partager l'article :

Le cancer de l’endomètre (CE), est le premier cancer gynécologique pelvien dans les pays occidentaux et sa fréquence augmente : en France l’incidence était de 68/100 000 entre 1989 et 1993 et de 75/100 000 entre 2005 et 2010. On recensait 6 852 nouveaux cas et 2 148 décès en 2012 alors qu’il y a eu 8 360 nouveaux cas et 2 340 décès en 2017.
La plupart des CE sont diagnostiqués à un stade précoce (75 %, au stade I), ils font l’objet d’un traitement chirurgical exclusif et sont de bon pronostic. La survie globale à 5 ans est de 81 %, tous stades confondus.
Mais le CE est une pathologie hétérogène qui comporte différents types histologiques :
- Le type I : tumeurs endométrioïdes de bas grade (grade 1 ou 2), représentant 70 à 80 % des CE, souvent découvertes à un stade précoce et de bon pronostic. Ces tumeurs sont hormono-sensibles, elles possèdent des récepteurs estrogéniques, et sont associées à une stimulation prolongée par des estrogènes endogènes ou exogènes.
- Le type II : tumeurs endométrioïdes de grade 3, et tumeurs non endométrioïdes (séreuse, à cellules claires, mixte, indifférenciée, carcinosarcome). Elles sont de haut grade et de mauvais pronostic. A la chirurgie doivent être associés des traitements complémentaires. Ces tumeurs ne sont pas estrogéno-sensibles et peuvent se développer sur un endomètre atrophique.

Toutes les femmes traitées pour un CE entre 1975 et 2014 dans le service de gynécologie du CHRU de Tours ont fait l’objet d’un enregistrement systématique. L’analyse de 842 dossiers a permis de préciser l’évolution des caractéristiques de ces patientes.
Age moyen : 64,7 ans ± 10,6 (27-93). Les femmes diagnostiquées après l’année 2000 sont significativement plus âgées que les femmes diagnostiquées dans les décennies précédentes.
Il n’y a pas de différence significative d’âge entre les CE de type I et de type II.
IMC moyen : 27,5 kg/m2 ± 6,9 (13-71). L'IMC est significativement plus élevé après 2000 qu’avant. Il n’y a pas de différence d'IMC entre les CE de type I et de type II.

Davantage de cancers de l’endomètre de type II

La proportion de CE de type II a été multipliée par un facteur 3 en 40 ans.
Elle est passée de moins d’un cas sur dix dans les années 70 à un cas sur 4 dans après 2000.
Cette augmentation de la proportion de CE de type II ne s’est pas traduite par une diminution de la survie globale, certainement grâce à l’amélioration des traitements.
Il y a cependant une différence significative de survie globale entre les types I et II (p=0,0002).
Les femmes de poids normal ont une meilleure survie globale que les femmes en surpoids ou obèses, mais surtout, que les femmes de poids insuffisant, ces dernières ayant le plus mauvais pronostic.

Dr Catherine Vicariot

Lorphelin H et coll. Evolution of characteristics of women with endometrial cancer during a 40 years study period. J Gynecol Obstet Hum Reprod 2019. Publication avancée en ligne le 12 avril. https://doi.org/10.1016/j.jogoh.2019.04.006

Source