Athérosclérose infra-clinique de la femme âgée : les bienfaits des crucifères et autres légumes

Diabéto-Métabolisme-Nutrition
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Une consommation élevée de légumes est le plus souvent associée à un risque moindre de maladie coronarienne et d’accident vasculaire cérébral (AVC). Les facteurs pathogéniques communs à ces manifestations classiques de la maladie cardiovasculaire (MCV) incluent le dysfonctionnement endothélial, l’inflammation et les dyslipidémies qui font le lit de l’athérosclérose, longtemps infra-clinique. Cette dernière est au demeurant accessible à des techniques d’imagerie non invasives, telle l’échographie carotidienne qui permet de mesurer l’épaisseur intima-média (EIM) et de détecter les plaques d’athérome bien avant le stade des sténoses. Les régimes riches en légumes, de type méditerranéen ou végétarien, pourraient ralentir l’évolution de cette athéromatose débutante, en sachant que certains sont peut-être plus efficaces que d’autres. Selon certaines sources, les légumes dits crucifères comme les choux, les brocolis, les choux-fleurs ou encore les choux de Bruxelles seraient particulièrement bénéfiques pour le système cardio-vasculaire du fait de leur richesse en certains agents phytochimiques, notamment en composés organosulfurés, mais ail, oignons, salade verte ou encore épinards ne sont pas en reste dans cette liste non exhaustive. Les résultats d’une étude de cohorte prospective non contrôlée, réalisée en Australie, plaident en tout cas en faveur de cette hypothèse, même si son niveau de preuve reste faible. Sa particularité réside en partie dans l’inclusion de près de mille femmes âgées (≥70 ans) chez lesquelles a été recherchée une association entre le régime et l’athéromatose infraclinique. Une échographie carotidienne bidimensionnelle haute résolution a permis de mesurer l’EIM (n=954) et de détecter les plaques d’athérome (n=968) trois années après l’estimation de la consommation de légumes au moyen de questionnaires orientés et détaillés. Ceux-ci ont permis d’évaluer la quantité totale de légumes ingérés tous types confondus, mais aussi de faire la part de crucifères, de l’ail, des oignons, des tomates, des carottes et des légumes verts.

La santé serait-elle dans le pré ou plutôt dans le potager ?

La consommation totale de légumes à l’état basal a été estimée en moyenne à 199±78 g/jour. Chez les participantes qui mangeaient au moins trois portions de légumes par jour, l’EIM carotidienne moyenne était significativement plus faible (de -4,6 à -5,0 %) versus< 2/jour (p=0,014). La différence intergroupe était également significative pour ce qui est de l’EIM maximale (p=0,004). Chaque prise supplémentaire de 10 g/jour de crucifères a été associée à une diminution de l’EIM moyenne de 0,006 mm (0,8 %) versus 0,007 mm (0,8 %) pour l’EIM maximale (p<0,01). Les autres légumes n’ont pas eu d’effet sur ce paramètre échographique (p>0,05). Aucune association n’a été mise en évidence entre la consommation de légumes, quels qu’ils soient, et la sévérité des plaques détectées par l’échographie carotidienne. Au total, chez la femme âgée, cette étude semble montrer qu’une forte consommation de légumes, notamment crucifères, pourrait contribuer à la prévention de l’athéromatose infraclinique. Dr Philippe Tellier Blekkenhorst LC et coll. Cruciferous and Total Vegetable Intakes Are Inversely Associated With Subclinical Atherosclerosis in Older Adult Women. J Am Heart Assoc. 2018. Publication avancée en ligne (4 avril). doi: 10.1161/JAHA.117.008391.