Artériopathie périphérique des membres inférieurs chez les femmes

Spécialités :
Cardiovasculaire
Mots clefs :
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Les femmes sont autant affectées que les hommes par l’artériopathie périphérique des membres inférieurs qui a, chez elles, un plus grand retentissement fonctionnel. Or les données concernant les interventions de revascularisation des membres inférieurs effectuées, dans cette situation, chez les patientes de sexe féminin sont limitées. En effet, les résultats d’études antérieures ayant examiné la réalité d’une éventuelle différence de pronostic entre les deux sexes après revascularisation, étaient entachés par la présence de nombreux facteurs confondants dont le grand âge et les facteurs de risque cardiovasculaire, auxquels s’ajoutaient souvent la petite taille des études, leur caractère monocentrique et, plus important encore, le déséquilibre entre le nombre d’hommes et de femmes inclus, le nombre de patients de sexe masculin étant plus élevé que celui des femmes.

Arthériopathie : Plus de 1 000 patients inclus

Pour pallier ces limitations, H. Jeon-Slaughter et coll. ont tenté de déterminer s’il existait une différence de pronostic à 12 mois entre les deux sexes, après une intervention de revascularisation pour artériopathie périphérique, en utilisant les données du registre multicentrique Excellence in Peripheral Artery Disease. L’étude réalisée aux Etats-Unis à partir d'un registre multicentrique (8 centres participants entre janvier 2005 et octobre 2015) a porté sur 1 084 patients (40 % de femmes) qui ont bénéficié de 1 702 procédures endovasculaires. Les hazard ratios de fragilité en fonction du genre des patients ont été systématiquement analysés quant au délai de survenue d’un événement. Après appariement du score de propension, 449 femmes et 449 hommes ont été inclus dans l’analyse. Comparées aux hommes, les femmes avaient des caractéristiques semblables, qu’il s’agisse du tableau clinique, des lésions traitées, des données biologiques, du traitement médical choisi et des interventions réalisées (simple angioplastie par ballonnet, stenting ou artériectomie). Dans les 12 mois suivant le geste interventionnel, les femmes ont eu un risque de décès moindre que celui des hommes (p=0,05). Cependant, il y a eu pour elles davantage d’interventions de revascularisation itératives (p=0,04). Dans une analyse de sous-groupe, comparées aux hommes, les femmes qui avaient une atteinte de l’artère fémorale superficielle présentaient également un risque significativement plus élevé d’interventions itératives dans les 12 mois (p <0,01) et avaient une tendance non significative (p=0,07) à un risque accru de décès. En conclusion, il apparaît que, comparées aux hommes, les femmes ayant une artériopathie périphérique, sont exposées, dans les 12 mois suivant un geste de revascularisation, à un risque significativement plus élevé d’interventions itératives. Il est cependant difficile d’expliquer cette différence femmes/hommes sur ce point, dans la mesure où, dans cette étude, les facteurs qui exposent aux récidives des signes ou des symptômes (tabagisme, lésions plus longues, artères de diamètre plus petit, calcifications massives, hypercholestérolémie) étaient également répartis dans les deux sexes… Dr Robert Haïat Jeon-Slaughter H et coll. Comparison of Lower Extremity Endovascular Intervention Outcomes in Women Versus Men. Am J Cardiol 2017 ; 119 : 490-496.