Apnées obstructives du sommeil chez la femme : influence sur la fonction respiratoire et la tolérance à l’effort

Apnées obstructives du sommeil chez la femme : influence sur la fonction respiratoire et la tolérance à l’effort

Selon les études les études les plus récentes, la prévalence du syndrome d’apnées obstructives  du sommeil (SAOS) serait d’environ 2 % chez la femme entre les âges de 30 et 60 ans, deux fois moins que chez l’homme. La prévalence est positivement corrélée à l’âge, mais aussi à la présence de certains facteurs de risque, telles les anomalies morphologiques des voies aériennes supérieures ou encore l’obésité. Chez la femme, la ménopause influe à la fois sur la prévalence et la sévérité du SAOS, a fortiori en cas de surcharge pondérale associée. Le retentissement respiratoire varie d’un patient à l’autre, mais il est certain que l’obésité va largement contribuer aux perturbations des explorations fonctionnelles respiratoires (telle la baisse du VEMS et de la capacité vitale), tout autant qu’à la diminution de la tolérance à l’effort.


Le propos est illustré par une étude transversale dans laquelle ont été incluses 39 femmes sédentaires, âgées de 45 à 60 ans, ménopausées ou en âge de l’être. Le diagnostic de SAOS a reposé sur l’enregistrement polysomnographie et quatre groupes ont été constitués en fonction des résultats de ce dernier et des valeurs de l’indice de masse corporelle : (1) absence de SAOS et d’obésité (n=13) ; (2) SAOS sans obésité (n=5) ; (3) obésité sans SAOS (n=6) ; (4) SAOS et obésité (n=15). Toutes les participantes ont été évaluées sur le plan anthropométrique et spirométrique, avant que ne soit réalisé un test de marche de six minutes.

Focus sur le rapport VEMS/CV


La seule variable spirométrique différant significativement en fonction du groupe a été le rapport VEMS/CV, les résultats étant exprimés en pourcentage de la valeur prédite. Ainsi, dans les groupes (2) et (4), les valeurs obtenues ont été respectivement de 97,6 % ± 6,1% et de 105,7% ± 5,7 % (p=0,025), ce qui témoigne des interactions complexes entre SAOS et obésité sur le plan de la fonction respiratoire, plus particulièrement du rapport de Tiffeneau qui prend en compte deux paramètres indépendantes – VEMS et CV– capables de varier dans un sens opposé. Les autres variables spirométriques étaient comparables d’un groupe à l’autre. Il en a été de même pour le test de marche de six minutes dans la comparaison des quatre groupes.


Cette étude suggère ainsi que le SAOS per se n’influe ni sur la fonction respiratoire ni sur la tolérance à l’effort chez la femme à l’âge de la ménopause. En revanche, l’association du SAOS à une obésité pourrait avoir un effet significatif sur certains paramètres spirométriques, tels le coefficient de Tiffeneau, ce qui reste à confirmer sur des effectifs plus nombreux.


Dr Philippe Tellier  


Passos VMM et coll. Influence of obesity in pulmonary function and exercise tolerance in obese women with obstructive sleep apnea. Arch Endocrinol Metab. 2019 ; 63 : 40-46.

Partager l'article :