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Dr Séverine Alran

Chirurgie sénologique carcinologique, reconstruction mammaire

On dénombre 54 000 nouveaux cas de cancers du sein par an. Pour trois quarts des patientes qui ont un cancer du sein, trois quarts pourront avoir un traitement conservateur et un quart vont avoir une ablation du sein. Quatre-vingts pour cent des femmes sont opérées en ambulatoire.


La chimiothérapie néoadjuvante est particulièrement indiquée dans les tumeurs agressives et de grosses tailles. Dans ce dernier cas, la chimiothérapie a pour but de réduire le volume de la tumeur, de manière à pouvoir ensuite préserver le sein.
En l’absence de radiothérapie et de chimiothérapie après chirurgie, on va proposer une reconstruction dans le même temps opératoire.


Jusqu’en 2007, voire 2005, la grande majorité des femmes avaient un curage axillaire. Depuis les années 2000, la mise au point de la technique du ganglion sentinelle permet, plutôt que de prélever toute la chaîne ganglionnaire, de prélever le premier relais lymphatique et, ainsi, d’éviter ce qu’on appelle l’œdème du bras, tout en ayant une bonne stadification de la maladie. Actuellement en France, 75 % des femmes qui ont un cancer du sein ont un ganglion sentinelle. Le résultat de ce ganglion sentinelle oriente la décision thérapeutique : la chimiothérapie et la radiothérapie sont-elles nécessaires ? Le ganglion sentinelle a permis de diviser par trois toutes les séquelles engendrées par le curage axillaire. Les principaux facteurs de risques d’œdème du bras sont l’irradiation sur le creux axillaire (le risque est à 60 %), la prise de poids pendant les traitements ou la sédentarité. Le sport et les conseils diététiques sont nécessaires et participent aussi à la guérison et à une diminution des effets secondaires.
En présence d’un œdème du bras, des séances de drainage lymphatique seront prescrites.


En l’absence de radiothérapie et de chimiothérapie après chirurgie, on va proposer une reconstruction dans le même temps opératoire. Dans ces cas-là, à peu près 65 % des femmes souhaiteront faire la reconstruction dans le même temps opératoire. Quand les cancers sont plus évolués ou nécessitent d’autres traitements, on va, dans la majorité des cas, traiter le cancer et procéder à la reconstruction en différé.


À tout moment de la vie après, la reconstruction peut se faire.
Pour la reconstruction chirurgicale, il y a deux grandes techniques : soit les implants prothétiques, c’est-à-dire les prothèses, soit les lambeaux de son propre corps.
Après une ablation du sein, soixante-dix pour cent des femmes ne se font pas reconstruire chirurgicalement et 30 % le font.